La pollution plastique coûterait chaque année à la Tunisie entre 170 et 560 millions de dollars (environ 502,5 à 1 655,1 millions de dinars), selon un rapport de Greenpeace Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA). L’organisation estime que, faute de mesures, la facture pourrait atteindre 3 à 10 milliards de dollars d’ici 2040, soit 8,8 à 29,5 milliards de dinars.
Intitulé « Évaluer le coût de la pollution plastique en Égypte, au Maroc et en Tunisie », le document est publié à quelques jours de la réunion des chefs de délégation sur le « Traité mondial relatif aux plastiques », prévue à Bangkok du 27 au 30 septembre. Cette rencontre précède le prochain cycle officiel de négociations, attendu en mars 2027. La Tunisie y sera représentée.
Des plages envahies par le plastique
Sur les neuf plages tunisiennes étudiées, 77 % des 9 821 déchets collectés étaient en plastique. Parmi les déchets dont l’origine a pu être déterminée, 98,2 % provenaient de Tunisie. Il était bon à savoir. La pollution vient donc surtout du système national, même si le pays importe la quasi-totalité de ses polymères plastiques bruts.
Selon la Banque mondiale, la Tunisie produit environ 188 000 tonnes de déchets plastiques par an, sur plus de 2 millions de tonnes de déchets au total. Elle rejette chaque année 17 000 tonnes de plastique en Méditerranée, issues de 55 500 tonnes de déchets plastiques mal gérés à terre.
Un intérêt économique à agir
Pour Farah Al Hattab, responsable de la campagne plastiques de Greenpeace MENA, la Tunisie fait partie des pays où l’urgence d’agir est la plus évidente, car elle n’a pas d’industrie de production de plastique à protéger. Elle estime que poursuivre sur la trajectoire actuelle coûterait plus cher que les bénéfices qu’en tirerait le pays, et que retarder l’action est l’option la plus coûteuse.
Le rapport recommande plusieurs pistes nationales, dont deux principales :
- s’appuyer sur la législation existante en matière de responsabilité élargie des producteurs et l’étendre au matériel de pêche, qui représente près de 22,2 % du poids des déchets relevés sur les plages ;
- appliquer plus strictement les restrictions sur les sacs plastiques à usage unique, en vigueur depuis janvier 2020.
Au niveau international, Greenpeace plaide pour un traité ambitieux qui réduise le plastique inutile à la source, rende les producteurs responsables de ce qu’ils mettent sur le marché et prévoie des mécanismes de financement solides. Objectif : éviter que des pays comme la Tunisie subissent un flux de déchets croissant dont ils ne sont pas à l’origine.