Après une campagne oléicole 2025/26 réussie, il est temps de jeter un coup d’œil sur les attentes de la prochaine saison. Les premières lectures de la campagne 2026/27 commencent à filtrer depuis l’Espagne et l’Italie et elles ne pointent pas toutes dans la même direction.
Pour la Tunisie, les chiffres de l’Observatoire national de l’agriculture de Tunisie confirment l’ampleur de la campagne sortante. Sur les dix premiers mois de la saison 2025/26, la Tunisie a exporté 381 200 tonnes d’huile d’olive, en hausse de 50,8 % en rythme annuel. Les recettes à l’exportation ont suivi, atteignant 4 780,4 MDT, soit une progression de 41,2 %.
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Premiers signaux
Les premières estimations fiables n’arrivent traditionnellement qu’à partir de l’automne, une fois la récolte entamée. Les principales informations à tenir en considération actuellement concernent le niveau des stocks en Espagne, et qui sont en train de se réduire rapidement grâce au rythme des ventes. Combiné à des signaux de floraison inégaux selon les régions, ce rythme peut tendre le marché même si le volume final espagnol s’avère raisonnable.
En ce qui nous concerne, nous abordons la nouvelle saison en position de force. Les stocks reportés sont substantiels, la floraison est décrite comme prometteuse, et le réseau national de moulins a prouvé sa capacité à absorber une récolte abondante.
Quant à l’Italie, elle garde ses déséquilibres structurels. Sa production est plafonnée autour de 250 000-300 000 tonnes, qui ne couvre ni la demande intérieure ni les engagements d’exportation du pays. Le déficit est comblé chaque année par des importations d’huile vierge et raffinée, dont une part croissante est tunisienne.
Le scénario de prix
Après la détente par rapport aux sommets de l’ère de pénurie, une remontée des prix à partir de l’automne 2026, liée aux canicules, à la sécheresse et aux incendies qui ont frappé plusieurs régions oléicoles méditerranéennes cet été n’est pas à exclure.
À ce stade, il s’agit encore d’un scénario. Sa concrétisation dépendra principalement du rendement final espagnol, mais aussi de l’Italie, de la Grèce, du Portugal et du nôtre. Le Conseil oléicole international publiera ses premières lectures fermes sur la nouvelle campagne à partir du mois de novembre.
Enjeux pour la commercialisation de vrac
Pour les acheteurs internationaux d’huile en vrac, l’enjeu tunisien est de taille. La configuration actuelle offre encore une fenêtre de tir favorable aux acquéreurs. Entre nos stocks reportés et l’arrivée imminente de l’huile de nouvelle récolte dès le mois de novembre, notre offre nationale n’accuse pas les mêmes tensions que celle de nos voisins européens.
Cependant, la question de la qualité des stocks s’impose comme un paramètre critique. Une huile vierge issue du début de la saison 2025/2026 approche désormais de sa première année de conservation. Si une telle huile reste parfaitement consommable et stable lorsqu’elle est stockée dans les règles de l’art, son profil ne coïncide plus avec la fraîcheur recherchée d’une huile de nouvelle récolte. Cette distinction sera déterminante dans les arbitrages tarifaires des prochaines semaines et sera déterminante pour le rythme de la campagne.