L’incubateur culturel Minassa : pour faire de la culture un vivier d’emploi

incubateur culturel minassa - l'économiste maghrébin
La page d’accueil du site web de l'incubateur culturel minassa

Une première dans le paysage culturel tunisien. Un incubateur de projets culturels voit le jour. Il s’agit de l’incubateur culturel Minassa, plateforme de la scène culturelle. Ce projet cible les entrepreneurs culturels. Retour sur le nouvel incubateur.

Soutenu financièrement par la Fondation Drossos, l’incubateur culturel Minassa est une  plateforme de la scène culturelle et créative en Tunisie qui se charge d’accompagner les entrepreneurs culturel pour lancer leurs initiatives. Ainsi, grâce à cet accompagnement, les entrepreneurs pourraient assurer la viabilité et la pérennité de leurs projets.
« L’entrepreneur culturel est un agent de développement, comme tout type d’entrepreneur », nous confie le directeur de l’incubateur Anas Sabbagh.

Ainsi, grâce à un accompagnement de six mois, l’entrepreneur culturel pourra améliorer l’idée du projet et trouver son propre modèle économique. En deuxième étape, il pourrait prototyper son idée. Enfin, l’entrepreneur culturel pourrait, entre autres, accéder aux marchés internationaux et nationaux grâce à une mise en réseau.

De la nécessité de mettre en place un incubateur culturel en Tunisie

Par ailleurs, l’entrepreneur culturel doit répondre à un certain nombre de critères d’éligibilité. En effet, le projet doit faire partie de l’industrie culturelle et créative. Il doit aussi faire preuve d’innovation et de créativité. Puis, il doit avoir un impact social et environnemental. Notons aussi que la participation au projet est gratuite, suite à l’acceptation du dossier. Les candidatures sont à déposer sur le site de la plateforme, avant le 6 juin 2019. L’appel à candidature cible les idées de projet et les projets au stade embryonnaire.

Lors des six mois de formation, l’entrepreneur culturel pourra bénéficier d’une expertise nationale et internationale selon la spécificité  de son projet et de ses besoins (financement, administration, communication, arts et autres). L’espace est situé à Bab Mnara. Il est composé d’un coworking et d’une salle qui sera destinée aux événements artistiques et musicaux. Tous les artistes auront la possibilité d’y accéder. Minassa fait partie de INCO, le premier réseau mondial d’accélérateur de startup green et sociale. D’ailleurs, c’est la première fois que ce réseau lance un incubateur en Tunisie.

Culture en Tunisie : il faut agir en urgence

La scène culturelle en Tunisie foisonne d’initiatives culturelles. « Cependant, elles sont toujours au stade embryonnaires », regrette le directeur de l’incubateur Anas Sabbagh.  En Tunisie, l’économie culturelle ne participe au PIB qu’à hauteur de 04 à 06%. Et ce, selon une étude réalisée par la BIAT rappelle notre interlocuteur. Alors qu’on France la Culture contribue à 7% du PIB.

Les problèmes de la scène culturelle en Tunisie ne manquent pas. Ils sont perceptibles notamment dans les régions. Maisons de Culture non adaptées, absence totale de théâtres et de salles de cinéma et de plein d’autres manifestations qui favorisent l’isolation culturelle des régions recluses.  « Si la Culture perd du terrain l’extrémisme pourrait en gagner », avance-t-il. Notre interlocuteur a également rappelé que l’économie culturelle est créatrice d’emploi et facilite l’insertion professionnelle.

L’accès au financement : là où le bât blesse

L’accès au financement demeure un autre souci majeur pour les entrepreneurs culturels. M. Sabbagh explique ce phénomène par l’incompréhension des banques face à ce types de projets qu’elles jugent risqués. « Alors que le métier de banquier conduit à prendre des risques », étaye-t-il.

D’ailleurs, pour cette raison, l’entrepreneur culturel ne devrait pas dépendre du financement du ministère des Affaires culturelles. Il doit diversifier les sources de financement en frappant à toutes les portes. En outre, l’entrepreneur culturel doit élaborer un modèle économique pertinent, afin de rendre viable son projet.  « Au 21ème siècle, l’art pour l’art n’est plus à l’ordre du jour. L’art doit faire partie du paysage économique. L’époque de l’art parisien est révolue », conclut-il.

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