Cela fait 81 ans jour pour jour, le 9 août 1945 à 11H02 qu’une bombe à base de plutonium fut lancée sur la ville japonaise de Nagasaki. Elle était plus meurtrière que la première, à base d’uranium, lancée trois jours plus tôt, le 6 août à 8H15, sur Hiroshima. Les deux bombes de destruction massive avaient massivement détruit les deux villes japonaises, provoqué la mort instantané de quelque 200 000 personnes et condamné plusieurs dizaines de milliers d’autres à une mort lente, précédée de souffrances insoutenables.
Jusqu’à ce jour, le débat n’est pas encore tranché entre ceux qui soutiennent la décision de Harry Truman d’autoriser un tel massacre à une échelle industrielle, pour « forcer le Japon à capituler sans conditions », et ceux qui s’y opposent, car « le Japon était déjà à genoux et prêt à capituler ».
Lire aussi: Hiroshima et Nagasaki : les vraies raisons de l’apocalypse
Quant à la question pourquoi l’armée américaine a lancé une bombe à base d’uranium sur Hiroshima et une autre à base de plutonium sur Nagasaki, nul besoin d’être devin pour le deviner. Les Américains voulaient tester, grandeur nature, les effets des deux genres de bombes sur les êtres humains et sur les constructions et les infrastructures des villes.
Vu les dévastations apocalyptiques et les souffrances horribles provoquées par les deux bombes de destruction massive américaines, après cinq ans de guerre et 60 millions de morts, dont 27 millions pour la seule Russie…
Vu les dévastations apocalyptiques et les souffrances horribles provoquées par les deux bombes de destruction massive américaines, après cinq ans de guerre et 60 millions de morts, dont 27 millions pour la seule Russie, on entendait répéter alors un peu partout : « Plus jamais ça ! ».
Plus jamais ça ? Observons aujourd’hui deux photographies d’Hiroshima en août 1945 et de Gaza en août 2026 mises côte à côte. Bien malin celui qui aura la perspicacité de distinguer l’enclave palestinienne de la ville japonaise.
81 ans après les drames d’Hiroshima et Nagasaki, le Japon a eu le temps de panser ses blessures, de construire une puissance économique et, non seulement de se réconcilier avec son agresseur, mais d’en devenir l’un de ses plus grands alliés…
78 ans après sa “Nakba“ en 1948, le peuple palestinien fait face aujourd’hui à un génocide à Gaza et à un nettoyage ethnique en Cisjordanie par Israël, aidé militairement et financièrement dans tous ses crimes innommables par les Etats-Unis d’Amérique.
Lire également: 73 ans après, la « Nakba » continue
Mais si l’Amérique ne semble avoir aucun problème à commettre des crimes de guerre à grande échelle (du Vietnam à l’Iran, en passant par l’Irak) et d’aider son allié israélien à en commettre, le monde entier continue d’observer passivement un génocide et un nettoyage ethnique dont est victime un peuple dépourvu du moindre moyen de se défendre.
Après la dévastation des deux villes japonaises en 1945, l’armée américaine avait interdit toute publication de photographies horribles de corps calcinés par le feu atomique. Il a fallu attendre 1952 pour que les Américains puissent voir la première photo d’un corps calciné à Nagasaki.
Depuis le 8 octobre 2023 jusqu’à ce jour, des films et de photos d’enfants brûlés, de quartiers bombardés, d’hôpitaux dévastés, de familles fouillant les décombres à mains nues, et de parents portant les corps de leurs enfants tués sous les décombres, défilent quotidiennement dans les médias et sur les réseaux sociaux.
Le plus terrifiant dans tout cela est que ces horreurs sont commises face à la passivité du monde qui laisse faire, et face à la jubilation d’un peuple israélien, psychiquement détraqué, qui demande encore plus de bombardements, plus de victimes, plus d’expulsions, plus d’expropriations.
D’autres scènes tout aussi insoutenables en Cisjordanie, montrant quotidiennement des colons hystériques molestant, tuant, expulsant des Palestiniens de leurs maisons et mettant le feu à leurs récoltes, défilent aussi dans les télévisions et les réseaux sociaux de la planète.
Le plus terrifiant dans tout cela est que ces horreurs sont commises face à la passivité du monde qui laisse faire, et face à la jubilation d’un peuple israélien, psychiquement détraqué, qui demande encore plus de bombardements, plus de victimes, plus d’expulsions, plus d’expropriations…
On reste pantois face à la passivité, à l’indifférence même, avec lesquelles le monde se comporte vis-à-vis de la déshumanisation systématique du peuple palestinien qui continue depuis 78 ans à résister, mains nues, à la machine de mort israélienne.
Dans un article publié le 7 août dans le site Counterpunch.com, le politologue américain, Henry Giroux, analyse l’horrible situation en ces termes : « Il ne s’agit pas simplement d’une problématique politique ; c’est l’une des plus grandes catastrophes morales et culturelles de notre époque. Nous ne nous sommes pas seulement habitués à vivre au milieu d’une violence sans précédent, nous avons été éduqués à composer avec elle. La cruauté ne nous apparaît plus comme une rupture éthique exigeant un jugement et une action. Elle a été absorbée par le rythme de la vie quotidienne, dépouillée de sa capacité à choquer, et transformée en un spectacle de plus qui rivalise pour capter notre attention déjà distraite. Comme le suggérait Susan Sontag dans son analyse de l’esthétique fasciste, la violence s’est esthétisée de plus en plus : organisée en spectacle, investie des plaisirs de la domination et détachée de la souffrance de ses victimes ».
…La cruauté ne nous apparaît plus comme une rupture éthique exigeant un jugement et une action. Elle a été absorbée par le rythme de la vie quotidienne, dépouillée de sa capacité à choquer, et transformée en un spectacle de plus qui rivalise pour capter notre attention déjà distraite…
Les jours, les semaines et les mois à venir sont d’une importance vitale non seulement pour le peuple palestinien, mais pour l’écrasante majorité de l’humanité. Il s’agit de l’issue, encore incertaine, du combat qui se déroule actuellement sur plusieurs fronts entre ceux qui considèrent que le seul droit est celui de la force, et ceux qui estiment au contraire que la seule force est celle du droit. Suivez mon regard…
