L’Institut arabe des chefs d’entreprises (IACE) a publié, dans la journée du 27 octobre 2026, les résultats de son enquête sur les conséquences économiques des coupures d’électricité de l’été. A cet égard, l’étude décrit des perturbations quasi générales : 96 % des répondants déclarent avoir subi des coupures, dont 58,3 % plusieurs fois par jour. Dans le détail, on note que 55 % de l’échantillon concernent des entreprises industrielles, 39 % des services marchands et pour.6 % des entreprises commerciales. Plus encore, ces secteurs accusent une perte de 13 jours d’activité en moyenne.
Sur les deux mois étudiés, la perte moyenne atteint 13 jours d’activité. Près de trois entreprises sur dix (29 %) ont perdu au moins 20 jours, l’équivalent d’un mois ouvré complet.
Les équipements ont également souffert : près des deux tiers des répondants signalent des dommages matériels, touchant surtout les moteurs, les compresseurs et les machines de production, devant le matériel informatique et les serveurs.

Une perte de valeur ajoutée de 1 269,6 MD
La perte directe de valeur ajoutée liée aux arrêts d’activité est estimée à 1 269,6 MD. L’industrie manufacturière en concentre 671,5 MD, devant les services marchands (316,1 MD) et le commerce (282,1 MD). L’IACE précise que ce chiffre ne comprend ni les dommages matériels ni les pertes de clientèle et encore moins les éventuelles pénalités, qui viennent s’y ajouter.
Sur le plan commercial, 63,5 % des entreprises déclarent une baisse de leur chiffre d’affaires. Une proportion qui atteint 83 % dans l’industrie. Parmi les sociétés exportatrices, 29,4 % disent avoir manqué des délais, avec des pénalités ou une perte de client. Tandis que 8,3 % ont recouru à la sous-traitance ou à l’importation pour compenser. Par ailleurs, 30,5 % des entreprises signalent une hausse du coût de leurs intrants, alors que les hausses de prix de vente restent rares.
La sécurisation de l’approvisionnement, un risque pour l’investissement
Avant l’été, 56 % des entreprises interrogées ne disposaient d’aucun équipement de secours. Depuis, 74 % envisagent d’investir dans les douze prochains mois pour sécuriser leur alimentation électrique : pour 18 % d’entre elles, la décision est prise, pour 56 %, le projet est à l’étude. En parallèle, 51,9 % des entreprises reportent un projet d’investissement.
Pour l’IACE, cet arbitrage fait peser un risque sur la compétitivité. Groupes électrogènes, panneaux photovoltaïques ou batteries réduisent l’exposition aux coupures, mais leur coût mobilise des ressources au détriment des investissements productifs. Et leur efficacité dépend des besoins électriques, des conditions techniques et des capacités de financement. Les perspectives restent préoccupantes : toutes les entreprises qui se sont prononcées anticipent une récurrence des tensions sur le système électrique en 2027.
Des indemnisations introuvables
Aucune entreprise interrogée n’a confirmé avoir été indemnisée. Et 1 % déclare avoir des demandes en cours ou refusées. L’IACE appelle à clarifier les procédures applicables et à distinguer les dommages déclarés, les demandes en cours, les refus et les indemnisations effectivement versées.