Dans un monde où l’énergie est de plus en plus utilisée comme arme de pression géopolitique, la Tunisie ne peut plus se permettre de dépendre d’un seul fournisseur ou d’une seule source d’approvisionnement. Intervenant lors de la 9e édition du Forum de l’IACE, consacrée aux « Tendances de la géopolitique et de l’énergie », organisée ce jeudi 22 octobre 2026 au siège de l’Institut arabe des chefs d’entreprise (IACE).
L’expert en énergie Sami Ben Rejeb appelle à diversifier les sources et les pays fournisseurs afin de sécuriser l’approvisionnement du pays, protéger le pouvoir d’achat des citoyens et préserver la compétitivité des entreprises.
“ Il faut repenser notre approche énergétique en Tunisie”, nous affirme dans une déclaration exclusive à leconomistemaghrebin.com Selon lui, bien que le pays se situe en marge des conflits internationaux, il en subit directement les conséquences, notamment à travers la hausse des prix des hydrocarbures et des autres ressources énergétiques, ainsi que par les répercussions géopolitiques.
Diversifier les sources et les fournisseurs
La solution, selon Sami Ben Rejeb, consiste à adopter une véritable stratégie de sécurité énergétique, fondée sur la diversification des pays fournisseurs et des sources d’énergie.
L’objectif est de garantir l’approvisionnement des citoyens, même en cas de conflit, de panne technique ou de perturbation des flux d’importation. » Il faut assurer une énergie à coût abordable pour le commun des citoyens, mais aussi pour les industriels, afin qu’ils puissent produire et rester concurrentiels à l’échelle internationale », explique-t-il.
Réduire la dépendance au gaz algérien
Pour illustrer cette nécessité, Sami Ben Rejeb rappelle que la Tunisie dépend fortement du gaz naturel algérien, qui couvre environ les deux tiers de sa production d’électricité.
« Il faut préserver cette relation de bon voisinage avec l’Algérie, mais aussi envisager la construction de stations d’importation de gaz naturel liquéfié », recommande-t-il. Cette option permettrait de diversifier les pays d’origine des approvisionnements et de sécuriser l’apport énergétique au-delà du gaz algérien.
Il cite, à titre d’exemple, le blackout survenu en Algérie à l’été 2026, qui a directement contribué aux coupures d’électricité en Tunisie. « Il faut poursuivre cette logique pour que le citoyen dispose d’électricité durant toutes les saisons de l’année et 24 heures sur 24 »: , conclut-il.