Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a exprimé sa solidarité avec le journaliste Ziad El-Heni, condamné à quatre ans de prison dans l’affaire dite des « enregistrements audio », liés à Mondher Ounissi, ancien vice-président du mouvement Ennahdha. Le syndicat conteste cette condamnation et demande la révision du jugement.
Dans un communiqué publié mardi soir, le SNJT a appelé à garantir à Ziad El-Heni le droit à un procès équitable et à respecter l’ensemble des garanties de la défense. Il a également demandé l’arrêt des poursuites judiciaires engagées contre des journalistes en raison de leur travail professionnel ou de leurs opinions.
Le syndicat a, par ailleurs, insisté sur la nécessité de respecter le secret des sources journalistiques et de les protéger contre toute forme de violation ou de pression.
Quatre accusations au titre de la législation antiterroriste
L’affaire remonte à septembre 2023, après la diffusion d’enregistrements audio attribués à Mondher Ounissi, alors vice-président du mouvement Ennahdha.
Dans ce dossier, Ziad El-Heni était poursuivi pour quatre chefs d’accusation relevant de la législation relative à la lutte contre le terrorisme et le blanchiment d’argent : constitution d’une organisation terroriste, divulgation de secrets au profit d’une organisation terroriste, non-signalement d’un crime terroriste et contact avec des agents d’un État étranger dans le but de porter atteinte aux intérêts du pays.
La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme près le tribunal de première instance de Tunis a condamné, mardi soir, Mondher Ounissi à neuf ans de prison et Ziad El-Heni à quatre ans de prison, avec exécution immédiate, selon une source judiciaire citée par l’Agence Tunis Afrique Presse (TAP).
Plusieurs autres accusés condamnés à 25 ans de prison
Dans la même affaire, la juridiction a prononcé une peine de 25 ans de prison, assortie de l’exécution immédiate, à l’encontre de Taher Boubahri, détenu dans une autre affaire, ainsi que de plusieurs accusés en fuite : Rafik Bouchlaka, Shahrazed Akacha, Fathi Ayadi, Mouadh Kheriji, Maher Zid, Mohamed Samti, Ahmed Gaâloul et Ridha Idriss.
Les accusations portent notamment sur la constitution d’une entente liée à des crimes terroristes et l’établissement de contacts avec des agents d’un État étranger dans le but de porter atteinte aux intérêts diplomatiques de la Tunisie, ainsi que sur le non-signalement de crimes terroristes.
Le dossier concerne plusieurs personnalités politiques et médiatiques, poursuivies dans le cadre de l’enquête ouverte à la suite de la diffusion des enregistrements audio.