Les exportations maritimes de pétrole brut russe ont atteint leur plus bas niveau en cinq semaines, malgré la reprise des chargements dans le port de Primorsk, en mer Baltique. Les flux à l’étranger ont légèrement reculé à 3,55 millions de barils par jour en moyenne sur les quatre semaines achevées le 25 octobre.
Ce volume représente une baisse de 30 000 barils par jour par rapport à la période précédente. Le recul intervient alors même que les expéditions hebdomadaires ont nettement rebondi : 37 pétroliers ont chargé 26,93 millions de barils durant la semaine achevée le 25 octobre, contre 21,87 millions une semaine auparavant.
La reprise des activités de raffinage en Russie contribue également à réduire les volumes disponibles pour l’exportation. La diminution récente des attaques ukrainiennes contre les raffineries russes a permis à Moscou d’augmenter le traitement du brut, détournant potentiellement vers les installations nationales des volumes auparavant destinés aux marchés étrangers.
La demande constitue un autre facteur de pression. En Inde, certains acheteurs semblent se tourner vers des approvisionnements alternatifs en provenance du golfe Persique, moins coûteux à transporter. La Chine et l’Inde demeurent toutefois les principaux débouchés du pétrole russe.
Dans le même temps, la précédente vague d’expéditions vers l’Égypte, qui avait porté les flux à près de 160 000 barils par jour à la mi-juin, est tombée à 50 000 barils par jour.
Les chiffres concernant la Méditerranée pourraient être revus à la hausse une fois que la destination de près de 1,8 million de barils de cargaison par jour sera connue. Historiquement, la majorité des cargaisons faisant escale finissent par arriver en Inde ou en Chine.
Enfin, sur les quatre semaines achevées le 25 octobre, la valeur brute des exportations russes de pétrole s’est établie à environ 2,61 milliards de dollars par semaine, un niveau presque inchangé. À l’échelle de la seule semaine, elle a toutefois progressé de quelque 430 millions de dollars, à 2,76 milliards, portée par le rebond des expéditions et la hausse des prix du brut russe ESPO, malgré le repli des cours de l’Urals.
La trajectoire des exportations dépendra notamment de la remise en service des raffineries endommagées, de l’évolution des achats asiatiques et des perturbations liées à la guerre en Ukraine. Les fluctuations hebdomadaires restent importantes, sous l’effet de la maintenance portuaire, des conditions météorologiques, des sanctions et des risques sécuritaires.