La hausse des prix de l’énergie et des produits alimentaires accentue la pression sur le pouvoir d’achat en 2026. Les dernières projections de la Banque mondiale montrent que les prix de l’énergie devraient progresser de 32 % sur l’année, tandis que ceux des produits alimentaires augmenteraient de 10 %. Et ce, dans un contexte marqué par les répercussions de la guerre entre les États-Unis et l’Iran et les perturbations des approvisionnements mondiaux.
Dans son rapport publié mercredi, l’institution prévoit que le prix moyen du baril de Brent atteindra 91 dollars en 2026, contre environ 69 dollars en 2025. Cette hausse intervient après trois années consécutives de baisse des prix de l’énergie. Un recul à 79 dollars le baril de pétrole est toutefois attendu en 2027.
Les prix alimentaires sous pression
Les produits alimentaires devraient également coûter plus cher. La Banque mondiale anticipe une hausse de 10 % de leurs prix en 2026, suivie d’une progression de 7 % en 2027. Sur ces deux années, l’augmentation cumulée atteindrait 18 %, selon les estimations de l’institution.
Cette évolution s’explique notamment par les perturbations des expéditions de céréales, les tensions sur les marchés de l’énergie et les effets du phénomène climatique El Niño sur les récoltes agricoles. Autant de facteurs susceptibles d’alourdir les dépenses des ménages et les coûts supportés par les entreprises.
Dans l’ensemble, les prix des matières premières devraient augmenter de 23 % en 2026, sous l’effet des conséquences persistantes du conflit entre Washington et Téhéran, de l’épuisement des stocks pétroliers et des difficultés d’approvisionnement.
Le risque d’une hausse plus importante
Les projections de la Banque mondiale reposent sur l’hypothèse d’une absence d’escalade majeure des conflits en cours. Une aggravation des hostilités pourrait toutefois porter le prix moyen du Brent à 105 dollars le baril. Dans ce scénario, les prix alimentaires pourraient dépasser de 12 % leur niveau prévu dans le scénario de référence.
Sur le marché pétrolier, l’offre mondiale devrait reculer de 5,2 % en 2026, soit sa plus forte contraction en quatre décennies, hors récession mondiale de 2020. La consommation devrait également diminuer de 2,5 %, enregistrant sa troisième plus forte baisse annuelle après celles de 2020 et de 1980.
Les engrais et les métaux également concernés
La hausse devrait aussi toucher les engrais, dont les prix pourraient progresser de 14 % en 2026, après la forte augmentation des cours de l’urée observée au début de l’année.
Les prix des métaux devraient, quant à eux, augmenter de 25 %. L’aluminium, le cuivre et l’étain ont atteint des niveaux records, soutenus par la demande liée aux investissements dans les énergies renouvelables, les véhicules électriques et les centres de données, ainsi que par les perturbations de l’approvisionnement.
Les métaux précieux devraient enregistrer une hausse de 40 % en 2026, portée notamment par la demande d’actifs considérés comme des valeurs refuges face à l’incertitude géopolitique et politique.
Malgré un léger ralentissement attendu en 2027, les prix des matières premières devraient rester élevés, à des niveaux supérieurs à trois fois leur moyenne enregistrée entre 2015 et 2019, selon la Banque mondiale.
Ces perspectives laissent entrevoir la persistance des tensions sur les prix de l’énergie et de l’alimentation, avec des répercussions possibles sur les dépenses des ménages, les coûts de production et les échanges commerciaux mondiaux.