Le président russe Vladimir Poutine a appelé, mercredi 28 octobre, les pays africains à renforcer leur autonomie économique et politique, en proposant un partenariat avec Moscou fondé sur le « codéveloppement plutôt que la domination ».
S’exprimant à l’ouverture du troisième sommet Russie-Afrique, organisé dans la capitale russe les 28 et 29 octobre, il a plaidé pour une rupture avec l’héritage colonial et un rééquilibrage de l’ordre mondial. Il a présenté la Russie comme un partenaire disposé à accompagner le continent dans la transformation de ses ressources naturelles, le développement de ses infrastructures et l’accès aux technologies.
Moscou entend notamment intensifier les échanges commerciaux avec les pays africains. Sachant que le commerce entre la Russie et le continent a atteint un record de 27,7 milliards de dollars en 2025. Le Kremlin souhaite accroître davantage ces échanges, en particulier dans l’énergie, l’agriculture, les transports et les technologies.
Poutine a également mis en avant les livraisons agricoles russes. Au cours des neuf premiers mois de 2026, la Russie a exporté 13 millions de tonnes de produits agricoles vers l’Afrique. Plus de 40 pays africains reçoivent déjà des céréales et des engrais russes, precise le président russe…
Dans le domaine énergétique, Moscou, affirmant participer à plus de 30 projets dans 16 pays africains, propose également de partager son expertise dans la gestion des ressources en eau et de développer des coopérations dans les infrastructures, la santé et les technologies numériques.
Sur un autre registre, le président russe a appelé à renforcer les relations bancaires entre la Russie et les pays africains, à développer les paiements en monnaies nationales et à mettre en place des mécanismes alternatifs de transfert financier. Selon lui, ces dispositifs permettraient de limiter la dépendance aux infrastructures financières occidentales et de réduire l’exposition aux sanctions.
Une stratégie d’influence dans un contexte de rivalités internationales
Le sommet rassemble des délégations de 48 pays africains, dont 22 chefs d’État et de gouvernement, selon les chiffres communiqués par les organisateurs. Les discussions portent sur le commerce, l’investissement, la sécurité, l’énergie, l’agriculture, l’éducation et les transferts de technologies.
Cette rencontre s’inscrit dans les efforts de Moscou pour consolider ses relations avec le continent, alors que les sanctions occidentales liées à sa guerre contre l’Ukraine poussent la Russie à rechercher de nouveaux débouchés commerciaux et des soutiens diplomatiques. D’ailleurs, son influence s’est renforcée dans les pays du Sahel, où les autorités ont réorienté une partie de leurs partenariats sécuritaires vers Moscou.
Les ambitions économiques russes restent toutefois confrontées à des limites : les échanges avec l’Afrique demeurent concentrés dans certains secteurs et certains pays, contrairement à la Chine et à l’Union européenne qui occupent une place importante dans le commerce du continent…