Les blocages de lycées se poursuivent et prennent de l’ampleur en France, principalement en Île-de-France, alors qu’une journée de mobilisation de la fonction publique est prévue ce mardi.
Selon le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, 180 établissements ont été concernés depuis le début du mouvement par des blocages ou des tentatives de blocage. 164 personnes ont été interpellées, dont 78 vendredi. Les académies de Créteil, Versailles, Grenoble et Nice figurent parmi les principales zones concernées. À Créteil, le rectorat a indiqué le 28 septembre que la mobilisation semblait s’intensifier, notamment dans le Val-de-Marne et en Seine-Saint-Denis. Les revendications diffèrent selon les établissements. Elles concernent notamment le manque de professeurs, les effectifs des classes, les moyens accordés aux établissements et les conditions d’enseignement.
Le mouvement intervient dans un contexte de fortes discussions autour du budget 2027 et des moyens consacrés aux services publics. L’Union syndicale lycéenne a appelé à étendre les blocages à l’ensemble du pays mardi, à l’occasion de la journée de mobilisation de la fonction publique.
La mobilisation ne se limite toutefois pas à des actions pacifiques. Plusieurs établissements ont été confrontés à des incendies, des tirs de mortier d’artifice et des affrontements avec les forces de l’ordre. La région Île-de-France avait fait état la semaine précédente de 60 lycées perturbés, dix établissements dégradés et onze élèves ou personnels blessés.
Le gouvernement et LFI s’opposent sur le mouvement
La contestation a également pris une dimension politique. Le gouvernement reproche à plusieurs élus de La France insoumise (LFI) de soutenir l’extension des blocages. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a dénoncé une « surenchère » et estimé que l’appel à étendre les blocages revenait à instrumentaliser la colère des jeunes. Il a toutefois reconnu que les difficultés rencontrées dans les lycées devaient être « entendues et traitées ».
De son côté, Jean-Luc Mélenchon a accusé le gouvernement de mener une politique de « répression » contre les lycéens. Plusieurs élus de LFI ont également apporté leur soutien aux mobilisations et appelé à leur extension. Le ministre de l’Intérieur a, pour sa part, estimé que les actions observées ne relevaient pas uniquement d’une contestation lycéenne classique et a qualifié certains épisodes de « violences urbaines ». Cette appréciation relève du gouvernement et intervient alors que les autorités maintiennent un dispositif de sécurité renforcé.
Les ministères de l’Intérieur et de l’Éducation ont prévenu que les forces de l’ordre interviendraient en cas de violences ou de blocage total des établissements. Laurent Nuñez a confirmé le maintien d’un dispositif de sécurité renforcé autour des lycées.
Cette journée constituera ainsi un nouveau test pour le gouvernement, entre les revendications exprimées par les lycéens sur les conditions d’enseignement, la mobilisation plus large des agents publics et les tensions politiques qui entourent désormais le mouvement.