Qui n’a jamais eu une mésaventure avec un taxi ? Qui n’a pas été confronté à un chauffeur qui refuse une course, ou qui vous demande où vous allez avant même que vous ayez mis les pieds dans la voiture ? Cela fait des années que l’on assiste à la même rengaine : il faut revoir la tarification.
Selon le syndicat de base des taxis individuels, les revendications portent notamment sur la révision du régime d’assurance, l’augmentation des tarifs et le respect des modalités imposées en matière de contrôle technique des véhicules. Les chauffeurs soulignent que l’avantage relatif lié au prix des voitures est passé de 30 % à 60 %, ce qui rend l’activité moins rentable.
Dans un communiqué, le syndicat explique les raisons de leur indisponibilité aux heures de pointe. Mais il faut rappeler que les chauffeurs de taxi sont souvent les rois du « faire semblant » de ne pas s’arrêter, même en dehors des heures de pointe. S’il existait des transports en commun conformes, dignes et ponctuels, on n’en serait pas là.
Selon le syndicat de base des taxis individuels, le Grand Tunis compte environ 12 000 taxis individuels pour près d’un million de citoyens qui se déplacent aux heures de pointe. Tandis que ces taxis assurent environ 500 000 courses par jour. Dans un contexte marqué par l’augmentation continue du nombre de citoyens et de la demande de transport, le secteur connaît parallèlement une pénurie dans l’octroi de nouvelles autorisations de taxi individuel. Le nombre de véhicules ne correspond donc plus aux besoins réels.
Autre élément de revendication : le niveau insuffisant du tarif du taxi individuel, qui n’a pas été révisé depuis 2022 afin de tenir compte de la réalité économique et de la forte hausse du coût de l’activité. Le professionnel qui travaille quotidiennement entre 10 et 12 heures et assume les frais liés au véhicule, à l’entretien, aux pièces de rechange, à l’assurance ainsi qu’à l’ensemble des autres coûts de l’activité se retrouve aujourd’hui avec un tarif qui ne lui garantit pas une rentabilité équitable.
Concernant l’utilisation des applications pendant les heures de pointe, certains professionnels y ont recours afin de garantir un revenu minimum, considérant que le tarif actuel rend l’activité peu rentable dans de nombreux cas et peut même entraîner des pertes plus importantes durant les heures de pointe, en raison de l’allongement de la durée des courses et de la congestion routière. Au-delà de cet élément, même via les applications, ils sont injoignables.
Quelle ironie du sort pour les chauffeurs de taxi qui se considèrent comme des rois ! Décidément, rien n’a changé, mais tout a changé pour les chauffeurs de taxis, et cela est loin d’enchanter les Tunisiens. Alors quand connaîtra-t-on la fin du problème avec les taxis ! La réponse, à coup sûr, n’est pas pour demain.