La Réserve fédérale américaine (Fed) a maintenu, mercredi 29 juillet, ses taux d’intérêt inchangés dans la fourchette de 3,50 à 3,75 %. Ce choix pourrait intensifier les questions sur la manière dont le nouveau président de la Fed, Kevin Warsh, mettra en œuvre son engagement de ramener l’inflation à l’objectif de 2 %.
La décision, largement anticipée, de maintenir le taux directeur dans la fourchette de 3,50 % à 3,75 % a provoqué un désaccord entre 3 des 12 membres du Comité de politique monétaire de la Fed, qui « préféraient » une hausse d’un quart de point lors de cette réunion. Ces trois mêmes membres, présidents des banques régionales de la Fed à Cleveland, Dallas et Minneapolis, avaient déjà exprimé leur désaccord lors de la dernière réunion de Jerome Powell à la tête de la banque centrale, fin avril, en se prononçant pour la suppression de l’engagement implicite de baisser les taux.
Kevin Warsh, qui a pris la tête de la Réserve fédérale en mai 2026, a déclaré n’avoir « aucune tolérance » pour une inflation supérieure à l’objectif de la banque centrale depuis plus de cinq ans. Jusqu’au mois dernier, l’inflation s’accélérait, la guerre au Moyen-Orient faisant grimper les prix mondiaux des carburants et des produits alimentaires. Tandis que les investissements dans les centres de données et autres dépenses liées à l’intelligence artificielle stimulaient la demande.
« L’inflation demeure élevée par rapport à l’objectif de 2 % fixé par le Comité », a indiqué la Fed dans un bref communiqué de politique monétaire publié à l’issue de sa dernière réunion de deux jours. Ce communiqué reprenait intégralement l’analyse de la situation économique présentée dans sa déclaration du 17 juin.
La Fed a déclaré que l’activité économique « progresse à un rythme soutenu », notant, comme en juin, que la croissance de l’emploi « a suivi le rythme de la population active et que le taux de chômage est resté quasiment inchangé ».
En maintenant le taux directeur au niveau où il se situe depuis décembre, les responsables de la Fed estiment que les coûts d’emprunt actuels exercent une pression suffisante sur l’économie pour réduire l’inflation. Laquelle ne devrait pas se résorber d’elle-même, comme c’est le cas, par exemple, avec l’effet des droits de douane sur les prix des biens.
Avant la réunion de cette semaine, les marchés financiers estimaient à environ une chance sur trois la probabilité d’une hausse des taux et, en l’absence d’une telle mesure lors de cette réunion, à près de 100 % la probabilité d’une hausse en septembre.
D’ici là, les responsables de la Fed disposeront de deux mesures mensuelles supplémentaires sur l’inflation et le marché du travail. Ce qui leur permettra de mieux comprendre si les pressions sur les prix qui ont commencé à s’atténuer le mois dernier continuent de le faire.