Le président de la Réserve fédérale américaine, Kevin Warsh, estime que l’inflation reste trop élevée depuis trop longtemps, poussant ainsi la Fed à relever son taux directeur de 25 points de base, de 3,75 % à 4 %.
La Réserve fédérale américaine entend maintenir son attention sur la stabilité des prix, alors que l’inflation demeure supérieure à son objectif. Son président, Kevin Warsh, a déclaré mercredi 16 septembre que l’inflation était « trop élevée » et persistait depuis « trop longtemps », obligeant la Banque centrale à relever son principal taux directeur de 5 points de base, le portant dans une fourchette de 3,75 % à 4 %. Cette décision constitue le premier mouvement de taux depuis l’arrivée de Warsh à la présidence de la Fed.
« Notre priorité reste la stabilité des prix », expliquera M. Warsh lors d’une conférence de presse. Il a notamment souligné que plusieurs composantes des derniers indices américains des prix à la consommation et des prix à la production continuent d’afficher des progressions supérieures à 3 %, aussi bien sur six mois que sur douze mois. Cette persistance complique le retour de l’inflation vers l’objectif de 2 % fixé par la banque centrale américaine. La Fed cherche ainsi à éviter qu’une période prolongée de hausse des prix ne conduise à une nouvelle accélération des anticipations inflationnistes.
Une politique monétaire toujours restrictive
Les nouvelles projections de la Fed indiquent qu’une majorité des responsables monétaires anticipent encore au moins une hausse supplémentaire d’ici à la fin de l’année. La Banque centrale prévoit par ailleurs une inflation plus élevée qu’anticipé précédemment, vers 3,7 % en fin d’année. Autrement dit, son objectif de 2 % ne serait pas atteint à court terme.
La trajectoire des prix de l’énergie constitue un autre facteur de vigilance pour la Fed. La hausse récente des cours du pétrole pourrait alimenter directement les prix à la consommation et compliquer le ralentissement de l’inflation.
Dans ce contexte, le message de M. Warsh traduit la volonté de la Banque centrale de privilégier la maîtrise des prix malgré les risques que des taux plus élevés font peser sur l’activité économique. La Fed doit ainsi arbitrer entre deux objectifs : ramener l’inflation vers 2 % tout en évitant qu’un resserrement monétaire prolongé ne pèse excessivement sur la croissance et l’emploi.