L’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Oman, le Qatar et Bahreïn ont resserré leur politique monétaire, tandis que le Koweït a maintenu ses taux inchangés.
Cinq des six Banques centrales des pays membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont relevé, mercredi 16 septembre 2026, leurs taux d’intérêt, dans le sillage du relèvement décidé par la Réserve fédérale américaine (Fed), laquelle a augmenté son taux directeur de 25 points de base, portant sa fourchette cible à 3,75 %-4 %…
Les décisions des Banques centrales du Golfe s’expliquent notamment par l’ancrage leurs monnaies au dollar américain. De ce fait, le maintien d’une certaine cohérence avec les taux américains contribue à préserver la stabilité des changes et à limiter les mouvements de capitaux. Le Koweït, dont le dinar est lié à un panier de devises comprenant le dollar, constitue la principale exception.
En effet, la Banque centrale saoudienne a relevé son taux de prise en pension (repo) de 25 points de base, à 4,50 %, tandis que son taux de pension inversée (reverse repo) a été porté à 4 %. Selon l’institution, cette décision s’inscrit dans son objectif de préserver la stabilité monétaire et financière du Royaume.
De son côté, la Banque centrale des Émirats arabes unis a relevé de 25 points de base le taux de base de sa facilité de dépôt au jour le jour, de 3,65 % à 3,90 %. La nouvelle décision prend effet jeudi 17 septembre.
À Oman, le taux de prise en pension appliqué aux banques locales a également été augmenté de 25 points de base, à 4,50 %. La Banque centrale omanaise a expliqué que cette mesure était cohérente avec le régime de change fixe du rial et visait à préserver la stabilité monétaire et financière tout en limitant les pressions inflationnistes.
Le mouvement s’est étendu au Qatar et à Bahreïn, dont les Banques centrales ont elles aussi relevé leurs taux directeurs de 25 points de base. Ainsi, à Bahreïn, le taux appliqué aux dépôts à une nuit passe de 4,25 % à 4,50 %.
Ces décisions interviennent alors que les économies du Golfe sont confrontées aux répercussions de la forte volatilité des marchés de l’énergie et des tensions géopolitiques régionales.
L’exception koweïtienne
La Banque centrale du Koweït a, en revanche, décidé de laisser ses taux inchangés. Le régime de change particulier du dinar koweïtien, indexé sur un panier de devises plutôt que directement sur le dollar, donne davantage de latitude à l’institution pour adapter sa politique monétaire aux conditions économiques nationales.
A noter que le resserrement monétaire intervient alors que la flambée des prix de l’énergie alimente les tensions inflationnistes. La guerre entre les États-Unis et l’Iran, les perturbations du trafic dans le détroit d’Ormuz et les dommages causés à certaines infrastructures énergétiques ont fortement perturbé les marchés pétroliers régionaux.
Pour les Banques centrales du Golfe, l’enjeu est donc double : préserver la stabilité des régimes de change liés au dollar tout en contenant les éventuelles pressions inflationnistes liées au renchérissement de l’énergie.