Le président chinois Xi Jinping est attendu à Washington le 24 septembre pour rencontrer Donald Trump. Avec au programme la prolongation de la trêve tarifaire, les achats chinois de produits américains, les terres rares, l’énergie et l’IA.
Le président américain Donald Trump doit recevoir son homologue chinois Xi Jinping à Washington le 24 septembre, pour une rencontre destinée à stabiliser une relation commerciale toujours marquée par les droits de douane et les restrictions sur les technologies et les matières premières stratégiques.
Cette rencontre interviendra alors que la trêve commerciale conclue en octobre 2025 doit arriver à échéance dans quelques semaines. Les deux parties cherchent à la prolonger, mais divergent encore sur sa durée et sur les contreparties à obtenir.
Selon des informations rapportées par Reuters, Washington et Pékin discutent notamment d’une réduction, voire d’une suppression, des droits de douane chinois sur le gaz naturel liquéfié (GNL) américain. Cette mesure pourrait s’inscrire dans un ensemble plus large prévoyant des réductions tarifaires réciproques portant sur environ 30 milliards de dollars de marchandises de part et d’autre. Les discussions ne sont toutefois pas finalisées.
Pékin souhaite obtenir davantage qu’une simple reconduction de la trêve. Selon les éléments cités par Euronews, les autorités chinoises pourraient chercher à obtenir environ 30 milliards de dollars d’importations américaines exonérées de droits ou soumises à des tarifs réduits, en contrepartie du respect d’engagements d’achat déjà pris…
Le GNL américain dans la négociation
La question énergétique apparaît comme un nouveau levier des discussions. La Chine avait imposé en 2025 un droit de douane de 15 % sur le GNL américain, entraînant pratiquement l’arrêt des flux importants de GNL entre les deux pays.
Washington et Pékin examinent désormais la possibilité de réduire ou de supprimer cette taxation. Pour les producteurs américains, l’enjeu est important alors que les capacités d’exportation de GNL des États-Unis doivent fortement augmenter dans les prochaines années.
Un retour progressif de la Chine sur le marché américain du GNL permettrait parallèlement à Pékin de diversifier ses approvisionnements énergétiques.
A noter qu’aux États-Unis, les tensions sur les prix de l’énergie et le coût de la vie constituent un enjeu économique important. En Chine, la consommation intérieure demeure plus faible, tandis que l’investissement dans les actifs fixes a reculé de 7,2 % sur les huit premiers mois de 2026 par rapport à la même période de 2025. Les ventes au détail n’ont progressé que de 0,4 % en août…
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Dans ce contexte, une stabilisation des relations commerciales pourrait offrir un soutien aux entreprises des deux pays, même si les principaux différends structurels restent ouverts.
Agriculture et terres rares
Les produits agricoles devraient également figurer parmi les dossiers susceptibles de déboucher sur des annonces. Les exportations américaines de produits agricoles vers la Chine avaient atteint environ 29 milliards de dollars en 2024, avec le soja en première ligne. Washington souhaite de son côté obtenir des garanties concernant l’accès aux terres rares et aux minerais critiques, essentiels à de nombreuses chaînes industrielles et technologiques.
Ces matières premières sont devenues l’un des principaux instruments de négociation dans le conflit commercial. Pékin avait accepté de maintenir leurs exportations dans le cadre de la trêve de 2025, tandis que Washington cherche à limiter la vulnérabilité de ses entreprises aux décisions chinoises.
L’intelligence artificielle et les enjeux stratégiques
Au-delà du commerce, l’intelligence artificielle devrait également être abordée lors de la visite. Plusieurs dirigeants de groupes technologiques américains sont attendus au dîner d’État organisé à la Maison-Blanche, notamment les dirigeants d’Amazon, Alphabet, Apple, Nvidia et OpenAI.
Les discussions devraient également porter sur les restrictions technologiques américaines, les exportations de composants avancés et l’accès aux technologies stratégiques.
Les dossiers géopolitiques pourraient toutefois compliquer les négociations économiques. La question de Taïwan est particulièrement sensible alors qu’un programme américain d’armements d’environ 14 milliards de dollars destiné à l’île a été préapprouvé par le Congrès américain, mais n’a pas encore fait l’objet d’une notification officielle.
Le sommet de Washington devra ainsi déterminer si les deux dirigeants peuvent prolonger la trêve commerciale et obtenir des engagements concrets sur les échanges, sans régler pour autant les différends stratégiques plus larges qui opposent les États-Unis et la Chine.