Après le relèvement de ses taux de 25 points de base en septembre, la Banque centrale européenne pourrait marquer une pause lors de sa prochaine réunion, avant une éventuelle nouvelle hausse en décembre. Selon une enquête Bloomberg, la majorité des analystes tablent désormais sur un taux de dépôt porté à 2,75 % en fin d’année.
La Banque centrale européenne (BCE) pourrait temporiser dans son cycle de resserrement monétaire, après les deux relèvements de taux intervenus cette année. Une enquête menée par Bloomberg auprès d’économistes montre qu’une majorité d’analystes anticipent désormais une stabilité des taux lors de la prochaine réunion du Conseil des gouverneurs, prévue fin octobre, avant une éventuelle nouvelle hausse en décembre.
Cette nouvelle trajectoire diffère des anticipations formulées auparavant, qui faisaient du relèvement de septembre le dernier mouvement du cycle actuel. La BCE avait augmenté ses trois principaux taux de 25 points de base le 10 septembre, portant son taux de dépôt à 2,50 %, son taux de refinancement à 2,65 % et son taux de prêt marginal à 2,90 %, avec effet au 16 septembre.
L’énergie au cœur des incertitudes
Le changement des anticipations intervient alors que les prix du pétrole et du gaz se sont fortement appréciés sous l’effet des tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Cette hausse alimente les craintes d’une nouvelle accélération de l’inflation dans la zone euro.
Dans ses dernières projections, la BCE prévoit désormais une inflation moyenne de 3 % en 2026, un ralentissement à 2,5 % en 2027 et 2,1 % en 2028. L’institution estime également que l’inflation hors énergie et alimentation restera supérieure à son objectif de 2 % au cours des prochaines années. Cette situation place la BCE devant un arbitrage entre la nécessité de contenir les pressions sur les prix et le risque qu’une énergie durablement chère pèse sur la consommation et la croissance.
Les anticipations des marchés financiers demeurent toutefois plus orientées vers un nouveau resserrement. Les opérateurs intègrent actuellement plusieurs hausses supplémentaires des taux…
Le vice-président de la BCE, Boris Vujcic, a toutefois appelé à la prudence face à ces anticipations. Il estime que la politique monétaire ne peut pas être déterminée uniquement par l’évolution des prix du pétrole et du gaz. La BCE doit également tenir compte d’un ensemble plus large d’indicateurs économiques et financiers.
La hausse des coûts énergétiques constitue en effet un facteur ambivalent : elle exerce une pression immédiate sur l’inflation, mais peut parallèlement réduire le revenu disponible des ménages, freiner la consommation et finalement peser sur l’activité économique.
Une politique toujours dépendante des données
Les analystes interrogés par Bloomberg anticipent, au-delà de décembre, une stabilité du taux de dépôt à 2,75 % jusqu’à la fin de 2027, avant un éventuel début d’assouplissement monétaire. La BCE, de son côté, maintient une approche dépendante des données économiques et des décisions prises réunion après réunion. Son dernier communiqué souligne que l’incertitude liée au conflit au Moyen-Orient et à ses conséquences sur l’énergie demeure importante.