La Banque du Japon (BOJ) a relevé ce vendredi son taux directeur de 25 points de base, à 1,25 %, son niveau le plus élevé depuis 1995.
La Banque du Japon (BOJ) a relevé vendredi 18 septembre son taux directeur de 1 % à 1,25 %, poursuivant la normalisation de sa politique monétaire face à la persistance des pressions inflationnistes. Cette hausse de 25 points de base porte les taux japonais à leur niveau le plus élevé depuis 31 ans, depuis avril 1995. Il s’agit d’une étape supplémentaire dans l’abandon progressif de plusieurs décennies de politique monétaire ultra-accommodante au Japon…
La réaction des marchés des changes a été paradoxale. Le yen s’est affaibli après l’annonce, reculant jusqu’à environ 156,91 yens pour un dollar. Les investisseurs ont notamment retenu le vote dissident des deux membres du conseil ainsi que l’absence d’indications particulièrement précises de la BOJ sur le calendrier d’une prochaine hausse. Cette réaction traduit les interrogations du marché sur le rythme auquel la banque centrale japonaise poursuivra sa normalisation monétaire.
Le choc énergétique complique la trajectoire
La BOJ, comme les autres grandes Banques centrales, doit composer avec les conséquences du renchérissement de l’énergie. La hausse des prix du pétrole liée aux tensions au Moyen-Orient accentue les risques inflationnistes, notamment à travers le coût des importations.
Le Japon reste particulièrement sensible à ces évolutions en raison de sa forte dépendance aux importations d’énergie. Une hausse durable du pétrole peut ainsi alimenter l’inflation tout en pesant sur le pouvoir d’achat des ménages et les coûts des entreprises.
Les investisseurs cherchent notamment à déterminer si la BOJ envisage de poursuivre ses hausses à un rythme régulier ou si elle entend marquer une pause pour mesurer les effets des décisions déjà prises.
La Banque du Japon devra ainsi trouver un équilibre entre la nécessité de contenir les pressions inflationnistes et celle d’éviter un resserrement trop rapide susceptible de peser sur l’activité économique.