Face aux difficultés rencontrées depuis le déploiement complet du nouveau système européen d’entrée/sortie (EES), la Commission européenne et les acteurs du transport aérien intensifient leurs efforts pour réduire les files d’attente et améliorer la fluidité des contrôles aux frontières extérieures de l’espace Schengen, en pleine haute saison touristique.
Le nouveau système européen d’entrée/sortie (Entry/Exit System – EES), désormais pleinement opérationnel aux frontières extérieures de l’espace Schengen, continue de susciter des difficultés dans plusieurs grands aéroports européens. C’est ce qu’indique un rapport de Capital publié le 5 juillet. Face aux longues files d’attente observées depuis le début de la saison estivale, les institutions européennes et les professionnels du transport aérien multiplient les initiatives pour améliorer son fonctionnement.
Mis en service progressivement à partir du 12 octobre 2025 avant une généralisation le 10 avril 2026, l’EES remplace le tampon manuel sur les passeports des voyageurs ressortissants de pays tiers par un enregistrement électronique des entrées et sorties. Le dispositif repose sur la collecte de données biométriques – photographie faciale et empreintes digitales – afin de renforcer la sécurité des frontières, lutter contre les dépassements de durée de séjour et limiter les fraudes à l’identité.
Si les objectifs du système sont largement partagés, sa mise en œuvre se révèle plus complexe que prévu dans plusieurs plateformes aéroportuaires très fréquentées. Les premières vérifications biométriques peuvent nécessiter plus d’une minute par passager, provoquant d’importants ralentissements aux postes de contrôle lors des pics de trafic estival. Des files d’attente de plusieurs heures ont été signalées dans certains aéroports d’Espagne, d’Italie, du Portugal, de France et de Grèce.
Les principales organisations du secteur aérien, dont Airports Council International Europe (ACI Europe), Airlines for Europe (A4E) et l’Association du transport aérien international (IATA), ont demandé à la Commission européenne davantage de souplesse dans l’application du dispositif lorsque les infrastructures frontalières atteignent leurs limites opérationnelles. Elles plaident notamment pour des mécanismes temporaires permettant d’alléger les contrôles durant les périodes de très forte affluence, afin d’éviter des retards en cascade et des perturbations du trafic aérien.
La Commission européenne rappelle de son côté que l’EES constitue une réforme majeure de la gestion des frontières extérieures de l’Union. En centralisant les informations sur les voyageurs non européens, le système doit permettre un meilleur suivi des séjours autorisés, renforcer la coopération entre États membres et améliorer la détection des risques liés à la criminalité transfrontalière et au terrorisme.
Pour les voyageurs en provenance des pays du Maghreb, dont la Tunisie, le nouveau dispositif implique un premier passage aux frontières potentiellement plus long en raison de l’enregistrement biométrique initial. Les passages suivants devraient en revanche être plus rapides, les données étant déjà enregistrées dans la base européenne. Les autorités recommandent néanmoins d’arriver plus tôt dans les aéroports internationaux pendant toute la période estivale, le temps que les procédures soient pleinement maîtrisées par l’ensemble des postes-frontières.
Au-delà des ajustements techniques, ce chantier constitue une étape clé de la stratégie européenne de numérisation des frontières. Il précède l’entrée en vigueur du système ETIAS, qui imposera prochainement une autorisation électronique préalable aux voyageurs exemptés de visa souhaitant se rendre dans l’espace Schengen. À terme, Bruxelles espère conjuguer un niveau de sécurité renforcé avec des contrôles plus rapides grâce à la montée en puissance des outils biométriques et de l’automatisation des passages aux frontières.