La Chine accuse l’Union européenne d’abus de pouvoirs dans l’examen du rachat de Ceconomy par JD.com. Bruxelles soupçonne le groupe chinois d’avoir bénéficié de subventions susceptibles de fausser la concurrence.
La tension est montée, mercredi 19 août, entre la Chine et l’Union européenne autour du projet de rachat de Ceconomy, un conglomérat allemand spécialisé dans la distribution de produits non-alimentaires, par le groupe chinois JD.com, pour un montant de 2,2 milliards d’euros.
Le ministère chinois de la Justice accuse l’Union européenne d’exercer une « juridiction extraterritoriale » abusive. Pékin affirme que Bruxelles a demandé un volume important d’informations détenues en Chine et qui ne seraient pas nécessaires à l’enquête. Les autorités chinoises ont par conséquent interdit aux entreprises et organisations du pays de répondre aux demandes européennes concernées.
Bruxelles soupçonne des aides publiques chinoises
La Commission européenne a lancé en mai une enquête approfondie sur l’opération. Il s’agit de la première acquisition d’une entreprise chinoise examinée au titre de la réglementation européenne sur les subventions étrangères.
Bruxelles cherche notamment à déterminer si JD.com a bénéficié en Chine de financements préférentiels, d’avantages fiscaux ou de subventions publiques susceptibles de fausser la concurrence sur le marché européen.
L’affaire Ceconomy s’inscrit dans une détérioration plus large des relations commerciales entre Pékin et Bruxelles. Fin juillet, la Chine avait imposé des restrictions à l’exportation visant 14 entreprises européennes, dont le groupe allemand de défense Rheinmetall, en réaction aux sanctions européennes contre des entreprises et entités chinoises. L’Union européenne reproche de son côté à la Chine des pratiques commerciales qui contribueraient à creuser les déséquilibres commerciaux et à fragiliser l’industrie européenne.
Au-delà du rachat de Ceconomy, le dossier devient ainsi un nouveau test de la capacité de Bruxelles à contrôler les investissements chinois tout en évitant une nouvelle escalade commerciale avec Pékin.