Les exportateurs, dont Chevron Corp., se tournent vers les transferts de navire à navire pour acheminer le gaz de pétrole liquéfié (GPL) des États-Unis vers l’Asie, dans un changement de stratégie apparent qui intervient alors que les utilisateurs du canal de Panama sont confrontés à la congestion et à des prix de transit records.
Le commerce intense de GPL entre la côte américaine du golfe du Mexique et l’Asie repose généralement sur des navires Neopanamax de grande taille, mais ces derniers doivent faire face à des coûts de passage du canal de plus en plus élevés. Selon un rapport de Bloomberg publié jeudi 20 août, citant des négociants, les tarifs des pétroliers Panamax, plus étroits et empruntant un système de vannes différent, n’ont pas connu la même augmentation…
Les frais pour un pétrolier Neopanamax arrivant au canal sans créneau horaire réservé et souhaitant transiter immédiatement ont atteint un niveau record de 4,6 millions de dollars la semaine dernière.
Cette décision illustre comment le marché se tourne vers des solutions alternatives pour faire face à la congestion du transport maritime causée par la guerre avec l’Iran et l’intensification du phénomène El Niño. Ce phénomène climatique provoque une sécheresse en Amérique centrale, réduisant le niveau d’eau du canal, tandis que le conflit au Moyen-Orient a entraîné une augmentation des flux énergétiques des États-Unis vers l’Asie. Selon Kpler, environ 60 % des exportations américaines de GPL sont destinées à l’Asie depuis le début de l’année, contre 55 % pour l’ensemble de l’année 2025.
Les navires souhaitant traverser le canal de Panama paient généralement un tarif fixe lors d’une réservation. Cependant, l’allongement des temps d’attente pour les plus grands navires incite certains transporteurs à modifier leurs réservations, payant ainsi un supplément pour éviter la file d’attente habituelle.