Le Royaume-Uni a enregistré en juillet un déficit public inattendu de 1,8 milliard de livres, alors que l’Office for Budget Responsibility (OBR) anticipait un excédent de 500 millions. La hausse des dépenses sociales et des services publics a dépassé la progression des recettes fiscales.
Le gouvernement britannique a annoncé avoir enregistré en juillet un déficit budgétaire de 1,8 milliard de livres, soit environ 2,1 milliards d’euros. Ce résultat constitue une mauvaise surprise pour les finances publiques, puisque les économistes interrogés par Reuters anticipaient un budget équilibré, tandis que l’OBR prévoyait un excédent de 500 millions de livres.
Le mois de juillet est pourtant traditionnellement favorable aux finances publiques britanniques, grâce notamment aux rentrées liées à l’impôt sur le revenu acquitté par les contribuables soumis à l’auto-déclaration.
La principale explication du dérapage réside dans l’accélération des dépenses publiques. Les prestations sociales versées par l’administration centrale ont augmenté de 2 milliards de livres sur un an en juillet. Pour leur part, les dépenses consacrées aux biens et services, notamment les coûts de personnel, ont également progressé de 1,2 milliard de livres. Cette hausse des dépenses a neutralisé l’augmentation des recettes fiscales.
Les recettes provenant de l’impôt sur le revenu acquitté dans le cadre de l’auto-déclaration ont atteint un niveau record de 17,1 milliards de livres, soit 1,7 milliard de plus qu’un an auparavant. Mais cette progression n’a pas suffi à empêcher le retour du déficit.
Les intérêts versés sur la dette publique ont également augmenté de 700 millions de livres, pour atteindre 7,7 milliards en juillet, ajoutant une pression supplémentaire sur les comptes de l’État.
56,7 milliards de livres empruntés depuis avril
Sur les quatre premiers mois de l’exercice budgétaire 2026-2027, les emprunts publics ont atteint 56,7 milliards de livres, soit 2,3 milliards de plus que la prévision de l’OBR, fixée à 54,4 milliards. Le chiffre reste néanmoins inférieur de 6 milliards de livres, soit 9,6 %, à celui enregistré au cours de la même période un an plus tôt.
Ces chiffres placent le gouvernement britannique sous pression à l’approche du prochain budget. Le ministre des Finances, John Healey, doit présenter son premier budget le 28 octobre, avec pour objectif de respecter les règles budgétaires tout en répondant aux besoins croissants de dépenses publiques. L’enjeu est d’autant plus sensible que la dette publique demeure proche de 94 % du PIB. Elle atteignait près de 3 000 milliards de livres à la fin du mois de juin.
L’OBR prévoit que la dette nette publique poursuivra sa progression avant de commencer à se stabiliser puis à refluer à moyen terme. Dans ses dernières projections, l’organisme estime que l’endettement pourrait atteindre environ 96,5 % du PIB en 2028-2029, avant de redescendre progressivement.
Maintien du objectif de discipline
Malgré cette mauvaise surprise, John Healey a réaffirmé l’engagement du gouvernement à respecter ses règles budgétaires et à réduire progressivement le déficit. Le problème est désormais celui de l’équilibre entre recettes et dépenses : les rentrées fiscales progressent, mais les dépenses augmentent plus rapidement.
Le chiffre de juillet constitue ainsi un avertissement à quelques semaines du budget d’automne. Pour le gouvernement britannique, la capacité à maîtriser les dépenses tout en soutenant la croissance sera déterminante pour préserver sa crédibilité budgétaire et contenir le coût du financement de la dette.