L’Italie n’est pas parvenue à ramener son déficit public sous le seuil européen de 3 % du PIB en 2025, restant à 3,1 %, contre 3,4 % en 2024. Ce dépassement, limité mais suffisant, maintient Rome dans la procédure européenne concernant les déficits excessifs.
Le gouvernement de Giorgia Meloni n’a pas obtenu la révision à la baisse qu’il espérait pour le déficit public italien de 2025. Celui-ci a finalement été confirmé à 3,1 % du PIB, soit légèrement au-dessus du plafond de 3 % fixé par les règles budgétaires européennes.
Le chiffre représente néanmoins une amélioration par rapport aux 3,4 % enregistrés en 2024. Mais cet écart de seulement 0,1 point par rapport au seuil européen suffit à empêcher l’Italie de sortir de la procédure concernant les déficits excessifs.
Le gouvernement italien avait espéré que les données définitives permettraient de ramener le déficit 2025 à 3 % ou légèrement en dessous. Le ministre de l’Économie, Giancarlo Giorgetti, avait encore évoqué en juillet la possibilité d’une révision à la baisse des chiffres.
Cette perspective reposait notamment sur la réévaluation de certaines dépenses fiscales liées aux crédits d’impôt pour la rénovation des logements. Les données définitives n’ont toutefois pas permis de franchir le seuil.
Une dette publique toujours très élevée
La situation budgétaire italienne reste marquée par un niveau d’endettement élevé. La dette publique a atteint 137,1 % du PIB en 2025, selon les données confirmées par l’institut national de statistiques italien.
L’Italie conserve ainsi l’un des ratios de dette les plus élevés de la zone euro, derrière la Grèce. Le maintien sous procédure européenne limite les marges de manœuvre budgétaires du gouvernement alors que Rome souhaite continuer à financer plusieurs priorités, notamment l’investissement et la défense.
Objectif : repasser sous les 3 % en 2026
Le gouvernement italien prévoit désormais une réduction du déficit à 2,8 % du PIB en 2026. La Commission européenne table pour sa part sur un déficit de 2,9 % du PIB en 2026 et en 2027, selon ses prévisions du printemps.
Cette amélioration attendue repose notamment sur la diminution progressive du coût des dispositifs fiscaux liés à la rénovation immobilière, tandis que les recettes fiscales devraient continuer à progresser.
L’économie italienne demeure toutefois confrontée à une croissance modérée. La Commission européenne prévoit une progression du PIB réel de 0,5 % en 2026, après une croissance de 0,5 % en 2025.
Une marge de manœuvre budgétaire limitée
Le maintien de l’Italie dans la procédure européenne intervient alors que Rome cherche à obtenir davantage de flexibilité pour financer notamment les dépenses de défense et répondre aux conséquences économiques de la crise énergétique et géopolitique.
Le gouvernement Meloni a notamment plaidé pour l’utilisation des mécanismes de flexibilité prévus par les règles européennes. Mais tant que le déficit reste supérieur au seuil de 3 %, la trajectoire des finances publiques demeure soumise à un suivi renforcé de Bruxelles.
Pour Rome, l’objectif est désormais de consolider la réduction du déficit en 2026 et de démontrer que le dépassement enregistré en 2025 constitue une étape temporaire plutôt qu’une tendance durable des finances publiques.