La Roumanie se rapproche d’une zone critique pour sa notation souveraine. Fitch Ratings avertit qu’une prolongation de la crise politique pourrait compromettre le maintien du pays dans la catégorie « investment grade »…
La prolongation de la crise politique en Roumanie accroît les risques pesant sur sa notation souveraine. Fitch Ratings estime que l’absence durable d’un gouvernement pleinement fonctionnel pourrait compliquer la mise en œuvre des mesures nécessaires à la réduction du déficit et fragiliser la crédibilité de la politique budgétaire. « Plus la crise gouvernementale persiste, plus les questions se multiplient concernant la prévisibilité budgétaire et la capacité à réaliser les ajustements nécessaires », a déclaré le 19 septembre Malgorzata Krzywicka, analyste de Fitch, rapporte Bloomberg.
Toutefois, l’agence ne prévoit pas à ce stade une dégradation automatique. Elle doit réexaminer la notation souveraine de la Roumanie en janvier 2027. En juillet, Fitch avait maintenu la note à BBB-, avec une perspective négative. Ce niveau constitue le dernier échelon de la catégorie recommandée pour l’investissement avant le passage en catégorie spéculative, dite « junk ».
La Roumanie conserve également la note BBB- chez S&P et Baa3 chez Moody’s, deux niveaux correspondant eux aussi au dernier échelon de la catégorie investment grade. S&P doit procéder à son propre examen de la note roumaine le 2 octobre 2026.
Selon Fitch, Bucarest doit réaliser une nouvelle correction budgétaire d’environ 1,5 point de PIB afin de stabiliser la progression de la dette publique à moyen terme.
La préparation du budget 2027 constituera à cet égard un indicateur déterminant. L’agence attend notamment une trajectoire crédible permettant de rapprocher progressivement le déficit public du seuil de 3 % du PIB fixé par les règles européennes.
La crise politique complique la consolidation
La crise institutionnelle s’est prolongée après la chute du gouvernement d’Ilie Bolojan au printemps. Plusieurs tentatives pour former un nouvel exécutif disposant d’une majorité parlementaire stable n’ont pas abouti. Le président Nicușor Dan a désigné, jeudi 17 septembre, Siegfried Mureșan, eurodéputé libéral, comme candidat au poste de Premier ministre. Celui-ci dispose de dix jours pour former un gouvernement et solliciter la confiance du Parlement. L’absence de majorité clairement constituée continue cependant de compliquer la sortie de crise.
Cette situation constitue un facteur important pour les agences de notation, non pas en raison de la crise politique en elle-même, mais de ses conséquences potentielles sur la capacité des autorités à adopter et appliquer les mesures budgétaires annoncées.
Les tensions se reflètent déjà sur les marchés obligataires. Les obligations roumaines affichent des rendements élevés et sont considérées par certains investisseurs comme présentant un niveau de risque comparable à celui de titres situés dans la catégorie spéculative, alors que la note souveraine officielle reste dans l’« investment grade »…