Notre harissa est officiellement inscrite, depuis 2022, au nom de la Tunisie sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO. La bonne nouvelle, c’est que personne ne peut désormais nous la copier. Et oui, c’est notre fierté culinaire.
Il faut bien se l’avouer : les saveurs tunisiennes s’imposent un peu partout dans le monde. Au-delà de notre savoir-faire ancestral, il est de notre devoir de préserver et de valoriser ce patrimoine. Cette reconnaissance montre également que le tourisme culinaire devrait se développer davantage, car ce n’est que le début ! Il faudrait peut-être revenir aux vieilles recettes de grand-mère ; qui sait, cela pourrait révéler des merveilles culinaires dont nous ignorons encore l’existence.
Le politologue Sami Jallouli est revenu sur la souveraineté économique, dénonçant la montée du phénomène d’appropriation étrangère du patrimoine tunisien en général, et de la harissa en particulier. Il a également déploré le fait que ce produit soit faussement et injustement attribué à d’autres, sans parler de l’atteinte portée à sa qualité.
Il appelle les usines tunisiennes productrices de harissa à ajouter, sur chaque boîte ou chaque tube, le texte suivant :
« Nous sommes fiers de vous présenter la harissa, officiellement inscrite au nom de la Tunisie sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO depuis 2022. »
Premièrement, ce texte consacrerait la reconnaissance internationale officielle accordée par l’UNESCO en 2022, coupant ainsi l’herbe sous le pied à toute tentative de pillage du patrimoine tunisien ou d’attribution de ce produit à d’autres parties.
Deuxièmement, il s’agirait d’une étape stratégique pour protéger le patrimoine national.
Troisièmement, cette mesure contribuerait à renforcer la valeur marketing du produit tunisien sur les marchés extérieurs, en lui conférant un avantage différenciant unique, lié à son authenticité, à sa qualité et à son histoire millénaire.
Quatrièmement, cette démarche permettrait d’ancrer l’identité tunisienne dans l’esprit du consommateur et de faire connaître, à l’échelle internationale, l’origine tunisienne de la harissa. Elle inciterait ainsi les consommateurs étrangers à rechercher ce produit sous son nom et avec ses spécifications d’origine, à l’image de la salade méchouia, que certains ont tenté, il y a quelques années, d’imiter et de s’approprier, mais que les douanes de Marseille auraient réussi à contrecarrer.
Bien entendu, ceux qui attribuent faussement la harissa à leur propre pays ne pourront pas apposer cette mention. S’ils le faisaient, cela servirait les intérêts de la Tunisie, ce qu’ils ne souhaitent pas. Mettront-ils le nom de leur propre pays ? Peut-être. Mais sans mentionner explicitement la décision de l’UNESCO, leur produit pourrait être considéré comme une imitation ou comme une marchandise de qualité inférieure.
En définitive, les autres pays qui tentent de s’approprier ce produit ne pourront pas utiliser ce libellé, puisqu’il atteste explicitement de son inscription au nom de la Tunisie, ce qui ne sert pas leurs intérêts.
L’ajout de cette donnée historique et culturelle sur les emballages ne serait pas une simple formalité, mais une mesure décisive pour contrer les tentatives d’appropriation et assurer une meilleure protection de notre économie et de notre patrimoine.
Que tous les professionnels unissent leurs efforts afin de faire de cette inscription une véritable marque d’authenticité tunisienne à l’échelle internationale. Cette mention pourrait être apposée sur les boîtes et les tubes, une opération technique qui ne coûterait presque rien.
Et rappelons-nous toujours les mots attribués au général carthaginois Hannibal Barca : « Nous trouverons un chemin, ou nous en créerons un. »