Face à la hausse des prix de l’énergie provoquée par la guerre au Moyen-Orient et les perturbations des approvisionnements, Emmanuel Macron annonce la tenue prochaine d’une réunion du G7 consacrée à l’énergie. Les pays membres devront notamment examiner une éventuelle libération de réserves stratégiques et renforcer leur coordination sur les stocks, les exportations et les capacités de production.
La France, qui assure cette année la présidence du G7, veut renforcer la réponse internationale à la crise énergétique provoquée par la guerre au Moyen-Orient. Le président Emmanuel Macron a annoncé le 18 septembre la convocation, dans les prochaines semaines, d’une réunion du G7 consacrée à l’énergie, avec notamment la possibilité d’examiner une nouvelle mobilisation des réserves stratégiques de pétrole.
L’objectif est de mieux coordonner les pays du G7 sur les niveaux de stocks, les exportations et les capacités de production, alors que les perturbations des approvisionnements au Moyen-Orient ont fait fortement progresser les prix du pétrole et des carburants.
Macron a également évoqué la possibilité de « libération potentielle de stocks stratégiques », en coordination avec l’Agence internationale de l’énergie (AIE), comme cela avait déjà été fait quelques mois auparavant.
Un marché pétrolier sous pression
Le Brent a approché les 110 dollars le baril cette semaine avant de revenir autour de 104 dollars vendredi, selon le Financial Times. La hausse a été accentuée par les inquiétudes concernant les approvisionnements du Moyen-Orient, notamment après une attaque contre un oléoduc saoudien reliant les installations de production de l’est du royaume à un terminal d’exportation de la façade occidentale.
Cette situation intervient alors que les perturbations liées au conflit affectent déjà les flux d’hydrocarbures dans la région et alimentent les tensions sur les prix des carburants en Europe.
L’enjeu pour le G7 consiste donc à amortir le choc sur les marchés sans compromettre les capacités de réponse ultérieures en cas de nouvelle aggravation de la crise.
Paris veut également sécuriser le gaz
La démarche française ne se limite pas au pétrole. Emmanuel Macron a annoncé vouloir travailler avec la Commission européenne pour renforcer les stocks de gaz et sécuriser les approvisionnements en vue de l’hiver.
La France estime disposer d’un niveau de stockage suffisant pour atteindre l’objectif européen de 80 %, mais considère que la situation demeure plus tendue à l’échelle de l’Union européenne. Paris veut également renforcer les capacités d’importation de gaz naturel liquéfié et diversifier les fournisseurs.
Le président français a cité les discussions menées avec plusieurs producteurs et exportateurs, notamment l’Arabie saoudite, l’Irak, le Qatar, les Émirats arabes unis et le Nigeria, afin de sécuriser les volumes de pétrole, de gaz et de produits raffinés.
Un dispositif à plusieurs niveaux
La France entend parallèlement accélérer les mesures destinées à réduire sa dépendance aux hydrocarbures. Paris veut notamment optimiser les capacités de raffinage et d’importation, renforcer les chaînes logistiques et accélérer l’électrification.
Au niveau européen, Emmanuel Macron souhaite également exploiter les flexibilités disponibles pour réduire les coûts de l’énergie et faciliter, lorsque cela est techniquement possible, le recours aux biocarburants.
Pour le président français, la réponse doit ainsi combiner sécurisation des approvisionnements, coordination internationale et réduction des dépendances énergétiques.
La réunion du G7 devra préciser les options disponibles, alors que les marchés restent exposés à l’évolution du conflit au Moyen-Orient et à ses conséquences sur les flux pétroliers et gaziers.