De Bourguiba à Kaïs Saïed : chronique d’une régression politique

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Ma défunte mère, bien qu’analphabète sans être ignare, avait cette représentation singulière qui lui permettait de saisir les vérités essentielles de la vie. De nature conservatrice, croyant obstinément que l’ordre social est indépendant de la volonté humaine, elle était rétive à tout changement qu’elle jugeait de prime abord inquiétant, menaçant, voire suspect. D’ailleurs, elle ne manquait jamais de nous rappeler, à l’annonce politique d’un remaniement à la tête de l’Etat ou au sein du gouvernement, qu’on aurait tort de nous réjouir trop vite. Elle argumentait cette salutaire fatalité dans l’immobilité des choses, en usant de cet exclusif et étonnant raccourci biblique, que d’aucuns jugeraient quasi blasphématoire: « Arrive Moïse, disait-elle, et voilà qu’on implore miséricorde pour le Pharaon, ijî moussa trahham ‘alâ far’oun ».

C’est ainsi que l’histoire de la vie politique depuis l’indépendance s’impose à nous comme quadruple reproduction de cette sentence.

Arrêtons-nous sur l’aïeul de cette belle lignée présidentielle: Habib  Bourguiba. S’il ne représente presque plus rien aujourd’hui dans la mémoire collective, il demeure pourtant le Père de l’indépendance, bâtisseur de la Tunisie moderne et le « Combattant suprême » qui avait mené avec pugnacité et force de conviction la « Grande bataille » contre le sous-développement économique, social et culturel. Il fut  aussi le promulgateur du Code du Statut Personnel, induisant une modification radicale du statut de la femme tunisienne. Bien que chef d’Etat d’un petit pays coincé entre l’instable Libye et la puissante Algérie, il n’eût de cesse de lutter pour sauvegarder une exception tunisienne incarnée par un pays tolérant et tendu vers la modernité. Ce qui, à l’époque, constituait un défi pour des pays arabe empêtrés dans leurs rivalités pan-arabistes et islamistes.

Bourguiba, le Père de la Nation

Mais le zaïm, à l’instar de presque tous les leaders politiques et toutes les figures charismatiques du paysage politique tiers-mondiste depuis les mouvements d’indépendance nationale, céda au culte de la personnalité alimenté par un parti unique et tyrannique, se vautrant dans la pensée unique et qui a tant appauvri la vie politique du pays.

Enfermé sur son passé, victime d’une  vieillesse vulnérable qui ne l’avait jamais éloigné de sa soif intarissable du pouvoir, il finit par se retrouver le pantin sénile des querelles partisanes et familiales. Sur fond de crise économique sans précédent profondément ressentie par l’ensemble des acteurs sociaux. Il faut ajouter à cela la rupture du consensus social et la montée de l’islamisme, appuyé par une arabisation malvenue de l’enseignement public.  Le « Président à vie » fut alors démis de ses fonctions pour « incapacité ». Et ce, sur la base d’un coup d’Etat en blouses blanches, mettant ainsi fin à trente années de bourguibisme.

Zine al-Abidine Ben Ali, un président digne d’un parrain de la mafia

Dans sa bien matinale  « déclaration du 7 novembre 1987 », Zine al-Abidine Ben Ali, alors Premier ministre et ministre de l’Intérieur, à qui revenait automatiquement le droit d’assumer les fonctions de la plus haute charge de l’Etat, annonça la nouvelle de la destitution de Habib Bourguiba et la libération du pays du chaos imminent.

Celui qui était devenu le deuxième Président de la République tunisienne avait alors promis le paradis aux victimes et opposants du système bourguibien. « Ni présidence à vie, dit-il, ni succession automatique à la tête de l’État desquelles le peuple se trouve exclu ». Il ajouta au menu l’accès au droit d’association, la liberté de la presse, le multipartisme, le respect des droits de l’homme et bien d’autres serments d’ivrogne. Lesquels, mis à l’épreuve par des trop optimistes et naïfs démocrates, furent aussitôt torpillées par un parti-Etat qui employa tous les moyens pour verrouiller la vie politique du pays et s’imposer comme la seule autorité « légitime ».

Petit à petit le régime acheva sa mue autoritaire et, de « libéral convaincu », Zine al-Abidine Ben Ali produisit une sorte d’hybride entre une démocratie de pure forme et un régime axé sur une impitoyable autocratie. Ainsi, les médias publics devinrent des marteaux de propagande; les médias indépendants furent persécutés. Et toutes les institutions gouvernementales étaient aux mains d’un président digne d’un parrain de la mafia. A la tête d’un système de pillage en bande organisée qui avait fini par primer sur l’action politique.

Pour en finir avec la tyrannie : dégage!

Le 17 décembre 2010, l’acte isolé et désespéré d’un jeune homme induisit, trois cents kilomètres plus au nord de Sidi Bouzid, le soulèvement populaire du 14 janvier 2011 qui emporta l’un des régimes réputés des plus tenaces et des plus répressifs. Durant les quatre semaines de contestations et de répressions, les foules unanimes n’ont eu de cesse de réclamer le départ de celui qu’elles considéraient comme l’incarnation vivante et malsaine d’un régime politique honni. Fondé à la fois sur la mainmise anachronique d’un parti omnipotent et sur le comportement prédateur des « familles » et leur mise en coupe réglée du pays.

Et pour manifester leur indignation et leur fureur, les manifestants avaient fait usage d’un cri d’hostilité à la fois exclusif, direct, précis et sans équivoque, qui donne un raccourci saisissant de leur détermination à en finir avec la tyrannie : dégage! Autrement dit l’exigence d’un départ, sans les ménagements d’usage, immédiat et sans retour de Zine al-Abidine Ben Ali et de la dictature.

Béji Caïd Essebsi, un succédané de Bourguiba

En 2014, c’est au tour de Béji Caïd Essebsi, fondateur d’un parti dit « moderniste », d’accéder à la magistrature suprême après deux années d’un pillage en règle des richesses du pays. Pillage organisé cette fois par une Troïka dirigée par les islamistes.

Succédané de Bourguiba et produit inaltéré de son esprit tribun, Béji Caïd Essebsi, élu au suffrage universel direct, a réussi à nous ramener en arrière. En s’inscrivant dans la rhétorique de son mentor, rappelant dans le ton le plus bourguibien l’obligation de restaurer l’autorité de l’Etat et rétablir la sécurité. Tout en insistant sur l’urgence posée par la situation économique.

Malgré l’âge avancé, il n’avait rien perdu de son acuité d’esprit et possédait surtout la stature présidentielle qui lui permettait d’être la voix de la Nation dans les moments cruciaux. De même que d’être le porteur d’une parole performative par qui les mots nomment, convoquent, déclarent, racontent ou taisent.

Il avait cependant ses défauts, le plus saillant étant celui de détruire avec opiniâtreté et cynisme ce qu’il a mis tant de patience et d’application à édifier: son parti et ses partisans. Président d’une  République régie par une nouvelle Constitution démocratique, il tomba à son tour dans le piège du favoritisme, du népotisme et des manœuvres politiciennes. Il fit du palais de Carthage le lieu même du pouvoir, autrement dit des agissements sournois et des sombres manigances.

C’est de là qu’il susurre, d’une voix confidentielle et enjôleuse ses conseils ou ses menaces, monte des coups, cultive les  intrigue de couloir, tire les ficelles, scelle les pactes. Notamment celui le liant à Rached Ghannouchi avec lequel il formera un duo complexe d’autorité.

Enfin, une affection parentale surprotectrice avait aveuglé son esprit pendant tout son mandat. L’acculant à tout pardonner à un rejeton qui sort d’une terre desséchée. Une faible plante sans intelligence ni éducation qui lui fit perdre toute majesté. On a fini par se détourner d’un Président qui est parti sans laisser de trace dans les mémoires.

Un peuple désabusé

La disparition prématurée de Béji Caïd Essebsi bouleversa le calendrier électoral et conduisit à des élections anticipées. La crise de représentativité que traversaient alors tous les partis qui pouvaient constituer un front contre les islamistes d’Ennahdha, celle-là même qui a permis en 2014 au feu Nidaa Tounes de se placer en alternative prometteuse pour assurer la modernisation du pays, même si elle a fini par consacrer les privilèges autant que la misère, n’a produit que le vide.

Les personnalités qui s’étaient précipitées en rangs dispersés vers le pouvoir à la recherche d’un peuple qui voterait pour eux, n’avaient rien de nouveau à proposer. Elles n’arrivaient même plus à faire de la crainte des islamistes un motif de ralliement; et encore moins à répondre aux besoins des citoyens. Je veux parler de ceux qui n’ont pas su profiter du délitement du pouvoir, de la fraude et de l’évasion fiscale, de la corruption et du non-respect de la loi, devenus la marque de fabrique de cinq années de désordre politique.

Parmi tous les prétendants, largement connus, la personnalité de Kaïs Saïed est celle qui interpelle le plus du fait qu’il s’est longtemps imposé comme une figure médiatique omniprésente. Malgré un profil académique sans ampleur, le candidat à la présidentielle n’avait jamais raté une occasion pour commenter des événements ponctuels, en abusant certains chalands par les mots et rarement par les idées.

Kaïs Saïed ou l’affirmation d’un besoin d’exister

En outre, on ne lui connaissait pas d’engagement doctrinal, de passé militant, d’expertise politique, de pratique du terrain, d’action au sein des réseaux associatifs, d’expérience syndicale ou d’encadrement au sein d’une grande entreprise. De même qu’il ne fut jamais le leader d’un mouvement social, ou un défenseur tenace des droits de l’homme. Bref, rien qui puisse le destiner à une quelconque éligibilité.

Dans l’univers médiatique tunisien qu’il avait tant occupé, Kaïs Saïed, a fini par entrer en politique afin d’affirmer fortement son besoin d’exister. Car le fait de se sentir en insuffisance de lisibilité et de visibilité était vécu comme une forme d’asphyxie. Ayant assuré par de nombreux et constants rappels déclaratoires une certaine permanence, il se considérait comme ayant vocation à être dans l’alternance. Et il ressentait le désir de donner traduction institutionnelle à cette aptitude qu’il pense avoir pour jouer dans la société un rôle de nature politique.

Avec le recul, sa candidature ne se fit sur la base d’aucune conviction idéologique, d’aucun projet de société. Mais par le besoin d’exister et la volonté bien vague de changer le monde… A sa manière.

Pour quel bilan politique?

Passons sur un bilan jugé sans intérêt pendant presque deux années de présidence et qui n’a trouvé aucune résonnance auprès du public.

Sur le plan de la politique internationale, un domaine qui représente après tout sa chasse gardée, le solde est plutôt maigre.

Sur le plan national, rien de bien grandiose non plus, excepté peut-être des visites de certaines régions destinées à flatter les capacités de résistance et les vertus de patriotisme des « peuples » de  Ouerdanine, Siliana le Kef, Kairouan.

Avec en prime les irresponsables propos du discours du 17 décembre à Sidi Bouzid où il fut question de chambres noires où se fomentent des complots contre la Nation. Mais, plus grave encore, furent ses erreurs d’appréciation dans la nomination des trois chefs de Gouvernement qui ont fini par l’acculer à s’emparer carrément de tous les pouvoirs.

Des discours aux actes?

On  a vu ainsi s’ébaucher dans l’esprit de Kaïs Saïed deux républiques: la république de la terreur et celle de la clémence. L’une voulant vaincre par l’intransigeance et la rigueur; et l’autre par la douceur et la bonté. C’est la première qui a prévalu, car elle lui permet d’exorciser ses obsessions qu’il ne parvient pas à maîtriser, à ignorer ou à s’en défaire.

Pour Kaïs Saïed, seuls les mots portent et emportent avec eux une vision du monde, une logique politique. Les mots classent, trient, délimitent. Truismes, généralités et formules creuses abondent, foisonnent et fonctionnent comme un écran de fumée lexical pour brouiller la donne.

Concentrant tous les pouvoirs, il décide de prendre à bras le corps l’avenir du pays en stigmatisant les riches et en sublimant les pauvres. Prenant à témoin les évidentes lacunes de notre dispositif  juridique, la mauvaise volonté des magistrats, la défaillance des contrôles des organismes publics, la nonchalance de la police.

Le voilà passant son temps à traquer personnellement, parfois au mépris des procédures légales, tous les contrevenants à la loi. Ainsi des riches hommes d’affaires, entrepreneurs prospères, laborieux exploitants ne valent pas mieux à ses yeux que les contrebandiers, les accapareurs de denrées alimentaires, les spéculateurs de toutes sortes qui condamnent à la misère et causent la faim du pauvre peuple purifié de toute imperfection.

Dans cette lutte entre le bien et le mal, Kaïs Saïed n’arrête pas de nous rappeler explicitement qu’il est désormais l’intercesseur auprès de Dieu pour transmettre sa volonté, en mettant fin aux souffrances de ses créatures spoliées. Le dépositaire du pouvoir divin qui annonce par conviction que la guerre contre les abus sera une victoire sans appel.

Une imposture idéologique qui perdure pendant 60 ans

Vu de près, l’imposture idéologique perdure ainsi pendant 60 ans.  Le « Peuple de Tunisie », qui est entré dans l’histoire comme une « poussière d’individus » assujettis à la domination coloniale, a consenti d’énormes sacrifices pour lutter contre le colonisateur. Mais toujours sous la conduite éclairée d’un Zaîm, Bourguiba en l’occurrence, qui demeurait le libérateur incontesté de la Nation.

Une fois libre et indépendant, enrobant son leader de tout son attachement, ce peuple, est entré dans l’étape de la construction et de l’édification da la Nation. Ce sentiment d’appartenance nationale ne pouvait être ancré et développé dans l’esprit d’un peuple à régénérer sans l’effort soutenu d’apprentissage et d’éducation prodigué par un dirigeant incarnant la volonté populaire.

Avec l’arrivée de Zine al-Abidine Ben Ali, l’histoire se fera encore une fois sans le concours du peuple appelé uniquement à témoigner éternellement sa loyauté pour celui qui est devenu « l’Artisan du changement ». Celui qui semblait reconnaître enfin la maturité du peuple, le déclarant digne d’une vie politique évoluée, en phase avec les exigences des temps présents. Réduit cependant à recourir aux urnes à la fin de chaque mandat, Ben Ali fera de chaque élection l’occasion d’un plébiscite prouvant l’unité du peuple adhérant en bloc à sa personne.

« Kaïs Saïed ne se conduit pas autrement.  Il s’adresse au peuple sur le mode des bains de foule et des imprécations télévisées, bien contrôlées au montage, à travers lesquelles il accable les affameurs de tout acabit. Il ne fait appel ni aux citoyens ni aux électeurs dont les voix seraient individuellement sollicitées. Mais il se réfère au peuple tout entier, toujours au singulier. »

Car en l’absence de toute représentation démocratique, et c’est devenu le cas, les Tunisiens ne peuvent exister dans leurs divergences politiques et leurs diversités sociales; mais seulement comme une masse subordonnée et indifférenciée. Au mieux, à travers un clivage entre riches possédants et des misérables qui n’inspirent que la pitié.

Sous Bourguiba autant que sous Zine al-Abidine Ben Ali, Béji Caïd, Essebsi, et depuis peu Kaïs Saïed, la souveraineté populaire était ainsi réduite à ces instants de liesses savamment organisées et adroitement orchestrées. Une mise en scène de l’unanimité et de l’accord parfait, exaltant l’adhésion sans limite du peuple envers son bienfaiteur.

« Pourtant en 2011, et pour la première fois dans son histoire, le peuple tunisien avait cumulé à lui seul les titres de libérateur, de zaïm, de combattant suprême, d’artisan du véritable changement et de justicier. Il a su, dans un court laps de temps, prendre sa revanche sur un demi-siècle pendant lequel sa contribution à l’histoire de ce pays fut détournée, confisquée et niée. »

Force est pourtant de constater qu’à la suite d’une cinquantaine d’années de gouvernement anti-démocratique, on n’a pas réussi à éviter ce que, paradoxalement, Bourguiba craignait pourtant par-dessus tout: l’effritement du corps social et la faiblesse de l’Etat. La première véritable secousse de notre histoire est venue ainsi ranimer toutes sortes de revendications qui se sont exprimées sur le mode tribal, régional ou confessionnel. Exacerbant d’anciens cadres de solidarités qui n’avaient plus lieu d’être.

D’où la question lancinante de la reconstitution homogène du corps politique nécessaire à tout Etat moderne. D’où la difficulté de la représentativité de cette toile humaine hétéroclite et de ces groupes bigarrés générateurs de tensions. Alors même que l’époque du zaïm, sauveur, bienfaiteur et rassembleur est à jamais abolie. Ceux qui avaient trouvé en Béji Caïd Essebsi un dirigeant rassurant, capable à leurs yeux de rendre à l’Etat son prestige et sa pérennité, car hantés par le spectre de la dissolution sociale, sont les nostalgiques d’un Bourguiba devenu pour l’occasion l’incarnation d’un âge d’or mythique.

La jeunesse en attente de résultats

Sauf que la jeunesse qui proteste l’un et acclame l’autre, aujourd’hui ne se reconnaît pas en ceux qui nous gouvernent. Elle est devenue réfractaire à leur discours, aussi lénifiants soient-il. Car elle est impatiente et uniquement en attente de résultats tangibles.

Aussi, ceux qui aujourd’hui se réjouissent de voir les jeunes se ruer pour les applaudir en les qualifiant de « héros » doivent prendre en considération qu’un peuple doit être désormais envisagé comme un assemblage de citoyens autonomes, souverains et responsables.

Les quatre chefs d’Etat cités constituent, sur le plan de la pratique politique, les tristes exemples d’une régression en paliers. Le présidentialisme personnalisé du premier avait fini par générer la politique de coercition et de prévarication du deuxième. A son tour,  elle permettait au troisième d’entamer un processus pur et simple de dépérissement de l’Etat et de ses institutions. En liquidant complètement et irrévocablement les quelques précieux acquis sauvegardés, malgré tout, par ses deux prédécesseurs.

Kaïs Saïed, dernier survivant de cette prestigieuse lignée, élu par défaut, car opposé à un brigand notoire, fait tout pour s’élever à la stature de leader politique et de figure charismatique du paysage politique. Et dont le culte a tant porté préjudice à la vie politique dans ce pays.

Depuis le 14 janvier 2011, nous étions devenus les témoins résignés d’un long glissement, d’écroulements successifs des dirigeants qui joignent à leur incompétence leur totale déconnexion d’avec la réalité du pays.  Leurs bilans successifs, si on les oppose aux boulevards de promesses jadis exprimées, s’avèrent un  lamentable échec.

L’histoire d’un mécontentement général, né d’une crise sociale et économique sans issue, associée à une catastrophe sanitaire aggravée par un système hospitalier sous dimensionné, et du rejet d’une classe politique tombée en discrédit, ne ressuscitera pas le peuple. Ce troupeau docile, manipulable, infantilisé et soumis au paternalisme bienveillant du maître. Cette foi du héros de la morale publique, de la justice distributive et de l’intégrité et de la probité.

Quant aux campagnes de lutte menées à grand train contre ceci ou cela, à l’aide de discours ronflants et de démonstrations enthousiastes mobilisant argent et énergies, elles se terminent la plupart du temps en queue de poisson. L’histoire n’est pas finie, et le quatrième président doit éviter de se leurrer sur le soutien du peuple tunisien, devenu aussi prompt à fabriquer des idoles qu’à les chasser du pouvoir.

Cela étant, et comme dit le proverbe : l’homme fait des projets et Dieu rit.

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