Tunisie : 4,64 fois plus de surfaces brûlées en 2021 que la moyenne de la période 2008-2020

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L’Observatoire national de l’Agriculture (ONAGRI) vient de publier une note de veille relative à l’évolution des incendies des forêts en Tunisie en 2021. La note se réfère au système d’information européen sur les feux des forêts (EFFIS) développé par la Commission Européenne. Ce système fournit de l’information fiable et mise à jour sur les incendies des forêts en Europe et dans les pays du Moyen Orient et de l’Afrique du Nord (MENA).

Plusieurs applications sont ainsi disponibles se référant à la visualisation de la situation actuelle, aux prévisions mensuelles à long terme… Les feux actifs sont détectés sur la base des anomalies thermales causées par ceux-ci. Cette détection des incendies est fournie par le NASA FIRMS. L’ONAGRI a analysé le niveau des surfaces brûlées en Tunisie en 2021. Ce niveau s’avère largement supérieur à la moyenne annuelle de la période 2008-2020.

En Tunisie, 45 incendies (d’une superficie brûlée supérieure à 30 ha) correspondant à une superficie cumulée de 26 854 ha ont été cartographiés par la plateforme EFFIS à la date du 23 août 2021.

Selon EFFIS, cette superficie représente en moyenne 80% environ de la surface totale brûlée si l’on tient compte des feux de forêts inférieur à 30ha. En effet, cette superficie représente 4,64 fois la valeur moyenne des années 2008-2020 (5789 ha) à la même date.

Rappelons qu’avec une superficie des forêts tunisiennes de 1,2 million ha, la surface brûlée dépasse 2,2% de la superficie totale.

Pertes de biens, animaux et des services écosystémiques…

Selon EFFIS, la distribution de la surface brûlée est effectuée en quatre types : forêts/ autres terres boisées, autres terres naturelles, agriculture, terres artificielles, et autres couverts. Par exemple, en 2019, le couvert forestier brûlé a été estimé à 2874 ha, soit 90% de la surface totale brûlée (3210 ha).

En comparant les données EFFIS avec celles de la Direction Générale des Forêts (DGF), la moyenne annuelle des surfaces brûlées sur la période 2008-2020 est de 6256 ha (EFFIS), par contre, la moyenne des surfaces des forêts brûlées est de 3279 ha.

L’importance des surfaces des forêts brûlées et leurs caractéristiques (espèce forestière, maquis, autres terres) est en cours d’être précisé par la Direction Générale des forêts.

Une fois, ces données seront connues, une évaluation du coût de dégradation peut être effectuée. En effet, les coûts intègrent à la fois les pertes de biens et d’animaux subies par la population locale, la perte des services écosystémiques des forêts et maquis (bois, liège, fourrage, protection des sols contre l’érosion et l’envasement des barrages, carbone, biodiversité, etc.), en plus, les coûts de plantation et autres coûts associés pour les forêts brulées qui nécessite un reboisement.

Selon l’ONAGRI, cette évaluation est cruciale. L’objectif consiste à préparer un plan d’action post-incendie pour les forêts brûlées, de consolider le plan de prévention des incendies des forêts considérant les risques accus liés aux changements climatiques, et d’en assurer les financements nécessaires.

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