12 mai : la Tunisie après 141 ans du traité de Bardo

Tunisie

Un État en faillite ! Plusieurs tentatives de réformes mais en vain ! Sur-taxation et cumul d’emprunts !

Bien que les similitudes portent à confusion, détrompez-vous ! Il ne s’agit pas de notre actuelle république mais de la situation chaotique que traverse la Tunisie lors du règne de Sadok Bey en 1881.

Plus de 100 ans déjà et la situation n’a pas vraiment évolué ?

Mais avant tout, revenons sur la Tunisie du 19ème siècle

Les récits nous affirment que le sommet de l’Etat en 1881 était complètement dépassé par la situation !

En effet, les historiens nous rapportent que Sadok Bey n’en faisait qu’à sa tête ! Le Bey, s’écartait peu à peu de la réalité et confondait prérogatives et satisfaction personnelle.

Sadok Bey était également entouré de complotistes traîtres et incompétents ! Mais notre bey lui ne le savait pas…

La faiblesse de Sadok Bey a encouragé Mustapha Khaznadar à escroquer l’Etat. Un Tunisien évoluant du poste de ministre des finances au poste de grand vizir, équivalent de chef du gouvernement. Assez amusant comme points similaires. Mustapha Khaznadar avait détourné de l’argent du trésor de l’État.

Par la suite, un rapport présenté au Bey affirme la culpabilité de Mustapha Khaznadar. Se présentant comme la seule solution, le Grand Vizir présente sa démission. Kheireddine Pacha lui succède.

Ce dernier avait petit à petit grimpé les échelons. S’étant choisi de faire une carrière militaire, Kheireddine Pacha atteint le grade de général de division (plus haut grade militaire après celui du bey). Lui aussi étudie la société, l’administration et les politiques publiques en France. Non pas à l’ENA (car elle n’existait pas encore) mais en fréquentant les bibliothèques et les librairies de Paris.

De retour en Tunisie, Kheireddine Pacha devient ministre de la Marine puis Grand Vizir. Tout au long de cette carrière, il propose plusieurs réformes ainsi qu’une proposition de relance économique !

Kheireddine Pacha a lui aussi dû faire face à une pandémie. Le Choléra s’était propagé en Tunisie conduisant à l’instauration de mesures de quarantaine. La ressemblance s’invite aussi dans ce détail. En plus du même contexte sanitaire, les épidémies de Choléra trouvent elles aussi leurs origines du continent asiatique !

L’influence de l’empire Ottoman

Une province : C’est ce que représentait la Tunisie depuis 1574. L’empire accorde au Bey de la régence de Tunis une certaine autonomie.

Or, la puissance de l’Empire diminue amplement depuis le 18ème siècle. Le sultan Mustafa III régnait seul. Lors de son règne, le sultan se soumet aux volontés des janissaires. Ces derniers s’opposent à toutes les réformes

Au 19ème siècle, cumulant des monarques incompétents, l’empire perd considérablement de son influence et de sa puissance. Il se trouve dans l’obligation de céder des territoires comme monnaie d’échange. La session de territoire servait essentiellement à payer les français et le Royaume-Uni en échange d’une protection contre la Russie.

On pourra observer que la crise de la Tunisie est à l’image de la crise de l’empire. Ce dernier multiplie en vain les tentatives de modernisation. Cette période témoigne également de la faiblesse financière de l’empire. Les ottomans eux aussi souffrent de l’absence d’un vrai budget d’Etat, d’irrégularité des rentrées fiscales et de l’accroissement de la dette extérieure.

Inquiet face à l’influence italienne et française en Tunisie, les ottomans envisagent de destituer Sadok Bey. Le ‘ambassadeur de France à Constantinople, Charles-Joseph Tissot, informe les autorités françaises que le sultan ottoman Abdülhamid-II compte remplacer Sadok Bey par Kheireddine Pacha.

En guise de réaction, la France déploie un cuirassé au large des côtes tunisiennes pour intercepter toute tentative de Kheireddine Pacha de rejoindre la régence. 

Rappelons qu’en 1877, Sadok Bey avait forcé Kheireddine Pacha à démissionner. Ce dernier a par la suite occupé le poste de grand Vizir de l’empire Ottoman. Donc, sa nomination à la place de Sadok Bey renforcerait l’influence ottomane dans le pays.

Les emprunts : une bonne vieille formule ?

Un Bey ne voulant pas être raisonné, un pays sans revenus, augmentation continue des impôts. Les récits nous rapportent aussi une tentative de modernisation qui finit en un grand échec.

Par ailleurs, les secteurs de l’agriculture et du commerce sont en crise. De plus, l’argent des impôts ne rentre presque pas. Ceci résulte principalement de l’absence de réformes concernant la fiscalité et la gestion régionale.

Dépourvues de solution, les autorités tunisiennes font donc appel à l’emprunt. Or, à cette époque là, il n’y avait pas de FMI ou de Banque Mondiale. Le monde ne s’était pas encore rendu compte de l’importance de ces mécanismes (un « esprit de solidarité » ne s’étant pas encore assez développé). La Tunisie décide donc d’empreinter auprès des grandes puissances.

Cumulant les emprunts et dans l’incapacité d’honorer ses responsabilités le pays avait déclaré sa faillite en 1869. Un scénario effrayant ! Les tentatives de réforme qui s’en étaient suivies n’avaient pas changé grand-chose.

Par la suite, en 1878, les allemands et les britanniques autorisent tacitement la France à s’emparer de la Tunisie. La décision a été prise lors du congrès de Berlin ayant eu lieu la même année. Bien évidemment, la France a justifié cette présence par la protection de cette colonie voisine d’Algérie.

Le 24

En moins de 3 semaines, le corps expéditionnaire s’enfonce dans le territoire atteignant le palais de Bardo. Le 12 mai à 19h, le général Jules Aimé Bréart, le consul Théodore Roustan Bréart, Sadok Bey et le grand vizir Mustapha Ben Ismaïl signent le traité de protectorat.

Un 19ème siècle pas aussi loin que ça ?

 

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