Trump conclut son règne par une insurrection

Insurrection

Le scénario catastrophe imaginé par certains commentateurs américains et étrangers a fini par se réaliser. L’insurrection tant redoutée a finalement eu lieu. En effet, à peine les représentants et sénateurs commençaient-ils leur travail de certification de l’élection de Joseph Biden, que le Congrès était soudain pris d’assaut par une foule chauffée à blanc. Une foule fanatisée par les ‘tweets’ incendiaires et les discours démagogiques du pire président de l’histoire américaine.

Si l’Amérique a connu 44 présidents avant celui-là, aucun n’a eu un comportement aussi minable. Aucun n’a montré un attachement au pouvoir aussi pathologique. Enfin, aucun n’a tenté de fomenter une insurrection pour annuler les résultats de l’élection et se maintenir au pouvoir. En un mot, aucun des 44 présidents qui le précédaient ne menace autant la démocratie et traîne son pays dans la boue, que ce 45e président.

Ainsi, le monde entier, ébahi et consterné, suivait hier en direct la prise d’assaut, par des milliers de jeunes sous l’incitation du président- mauvais- perdant. Tout au long de la journée du mercredi 6 janvier, Trump n’a cessé d’enflammer ses partisans à coup de discours et de tweets mensongers et démagogiques. Les incitant à l’insurrection, à prendre d’assaut le Congrès, en vue de l’empêcher de certifier l’élection de son rival.

Pourtant, pas moins de cinquante plaintes ont été déposées devant la justice pour « fraude électorale » par Trump. Elles ont toutes été rejetées. Y compris celle déposée devant la Cour suprême où les Républicains disposent de la majorité des juges. Tout homme normalement constitué aurait jeté l’éponge. Aurait pris acte des verdicts. Aurait accepté enfin sa défaite électorale. Et aurait félicité son adversaire. Se préparant pour une transmission douce, pacifique et démocratique du pouvoir. Pas Trump.

Médias horrifiés

Alors, ayant perdu tout espoir de renverser le cours des événements en sa faveur par les moyens légaux, Trump n’a pas reculé devant les moyens extrêmes. A savoir: empêcher le Congrès de le déclarer perdant par la violence. La sédition. L’insurrection. Car ce qui s’est passé hier à Washington n’était rien d’autre qu’une tentative insurrectionnelle; visant à faire annuler les résultats d’une élection démocratique.

D’ailleurs, pratiquement tous les médias américains ont été horrifiés par les événements dramatiques du mercredi 6 janvier à Washington. De nombreux commentateurs allant jusqu’à demander l’éloignement immédiat de ce président devenu « dangereux pour le pays, sa démocratie et sa stabilité ».

Car, le plus grave, ce ne sont pas les événements insurrectionnels qui ont empêché pendant quelques heures le Congrès de faire son travail. Mais, le plus grave est que des millions d’Américains ont cru aux mensonges de Trump sur la prétendue « fraude électorale ». Le plus grave est le doute introduit par Trump dans l’esprit de millions d’Américains dans leur système de gouvernement démocratique. Finalement, le plus grave, c’est la haine semée par Trump au sein du corps social américain.

Incongruité malfaisante

A cet égard, quatre ans de tweets et de discours chargés de haine, de racisme et de xénophobie ont fini par déstabiliser la démocratie américaine à l’intérieur. Et de noircir sa réputation à l’étranger.

Ainsi, l’Amérique qui se voulait championne de la démocratie dans le monde, se retrouve soudain en train de ruminer une humiliation infligée par le président qu’elle s’est elle-même choisi. Un président qui a fait trop de mal à son pays et au monde. Un président qui a utilisé ses quatre ans à la Maison Blanche non pas pour gouverner un grand pays, mais pour ses propres intérêts. Ceux de sa famille. Et de ses proches amis américains et étrangers, dont le Premier ministre israélien.

Ayant perdu son dernier fol espoir de voir le vice-président Pence et le Congrès le déclarer président contre le candidat démocratiquement élu, Trump infligera-t-il à son pays une ultime humiliation en refusant de quitter la Maison Blanche? Serait-il expulsé manu militari comme un malpropre le 20 janvier prochain, s’il refusait de quitter les lieux?

De quelque manière qu’il quitte la Maison Blanche, l’Amérique ne peut laisser partir un tel président comme si de rien n’était. Les crimes qu’il a commis dans son pays et dans le monde ne peuvent pas rester impunis. Il y va de la crédibilité et de la réputation de la justice américaine. Il y va de l’impératif de la nécessaire restauration de l’image de marque de l’Amérique. Une image gravement abîmée par Donald Trump. Un président que l’Histoire retiendra comme une incongruité malfaisante.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here