Quand l’essence se fait rare, l’ingéniosité prend le volant. À Cuba, un mécanicien a décidé de dépoussiérer une technologie que l’Europe connaît bien… surtout quand les temps deviennent compliqués : transformer du charbon en carburant.
Faute d’essence – conséquence d’un embargo pétrolier renforcé par Donald Trump sur l’île – Juan Carlos Pino n’a pas abandonné sa vieille Polski Fiat de 1980. Il l’a simplement… réinventée. Son idée : bricoler un système artisanal capable de produire un gaz combustible à partir de charbon et de l’injecter directement dans le moteur à la place de l’essence, rapporte 20minutes.fr.
Le dispositif, entièrement fabriqué avec des matériaux de récupération, n’a rien d’un prototype de laboratoire. C’est du pur système D comme on en trouve partout à Cuba, frappée qu’elle est depuis des décennies par les sanctions américaines, durcies dernièrement par l’administration Trump, qui interdit toute vente de carburants aux Cubains. Et pourtant, les premiers essais sont plutôt encourageants : la voiture peut atteindre environ 70 km/h et parcourir une cinquantaine de kilomètres. Ce n’est pas un record de vitesse, certes, mais c’est toujours mieux que de rester coincé au garage.
Un air de déjà-vu historique
Les plus férus d’histoire automobile auront sans doute un sentiment de déjà-vu. Car cette idée rappelle fortement le gazogène, un dispositif largement utilisé en Europe pendant la Seconde Guerre mondiale. À l’époque, l’essence était réservée à l’effort de guerre, et les conducteurs faisaient rouler leurs véhicules avec ce qu’ils avaient sous la main : bois, charbon ou autres combustibles capables de produire un gaz alimentant le moteur.
Rustique ? Assurément. Peu efficace ? Pas faux. Mais incroyablement ingénieux. De là à imaginer que la flambée des prix du pétrole ou les tensions internationales puissent faire ressortir les vieux gazogènes des greniers… disons simplement que l’idée reste, pour l’instant, dans la catégorie des curiosités mécaniques. Mais qui sait? l’avenir peut nous réserver de surprises, en ce sens que la guerre au Moyen-Orient pourrait durer et impacter