Abdelkrim Zbidi, candidat : la donne électorale a-t-elle déjà changé ?

Abdelkrim Zbidi

Rien n’est évidemment sûr dans une élection présidentielle que tout le monde sait âpre et sans cadeaux. Certes, mais Abdelkrim Zbidi ne vient-il pas quelque part perturber le cours des choses.

On peut le soupçonner parce qu’au moment où les sondages étaient faits (en juin 2019), et sur la base desquelles l’échiquier a été conçu, le nom d’Abdelkrim Zbidi n’était pas évoqué.

Le ministre de la Défense nationale, Abdelkrim Zbidi, a en définitive présenté sa candidature à la présidence de la République. Après il est vrai un certain suspens. Dans la mesure où on ne savait pas si ce serviteur de l’Etat allait à un combat qui n’attirait pas nécessairement des hommes de son relief. Dans une allocution du reste faite à l’occasion, le professeur Abdelkrim Zbidi a dit le pourquoi de son geste.

Gageons que sa candidature fera parler beaucoup d’elle. Dans la mesure où elle a quelque part surpris quelques-uns parmi ses concurrents qui n’avaient pas vu venir celle-ci. Au moment du moins où ils se préparaient à faire acte de candidature.

Gageons surtout que beaucoup s’interrogeront encore sur les raisons profondes– et peut-être non dévoilées- de cette candidature et évidement de ceux qui l’ont sans doute poussé à aller au charbon. Et que, de ce point de vue, on fera circuler des arguments farfelus voir fallacieux. Sans toujours présenter les preuves nécessaires. Sans oublier les rumeurs les plus folles.

Il a gagné en popularité

On le voit déjà avec des posts sur les réseaux sociaux racontant des histoires de toutes sortes portant le plus souvent des accusations afin de salir le candidat. Il n’est pas du reste le seul à être visé. En somme des vertes et pas mûres. Ce que certains considéreraient peut-être de bonne guerre dans la bataille de la présidentielle de la mi-septembre que l’on sait déjà âpre et sans cadeaux.

Certes, mais l’homme ne vient-il pas quelque part perturber le cours des choses. On peut le soupçonner pour au moins deux raisons. D’abord, parce qu’au moment où les sondages étaient faits (en juin 2019), et sur la base desquelles l’échiquier a été conçu, le nom d’Abdelkrim Zbidi n’était pas évoqué.

Rappelons que c’est sur la base d’un sondage de juin 2019 que la majorité parlementaire avait agi pour introduire des modifications, le 28 juin 2019, et barrer la route, selon des observateurs, aux prétendants qui occupaient les premiers rangs dans le vote populaire.

Ensuite, parce que, et surtout après l’organisation par l’armée des funérailles de l’ancien président Mohamed Béji Caïd Essebsi, le 27 juillet 2019, et sa rencontre avec ce dernier, la seule d’ailleurs du chef de l’Etat aujourd’hui disparu avec un membre du gouvernement, sa popularité avait semblé grandir.

Une maîtrise des questions sécuritaires

Surtout dans des pans entiers de l’opinion publique qui a toujours vu en lui un homme droit et intègre dont le sérieux est de notoriété publique, bénéficiant, en outre, d’un profil et d’une stature à faire rêver plus d’un : ancien ministre, médecin et universitaire, enfant du peuple, arrivé là où il est à la force du poignet.

Personne ne peut dire quelle place l’homme pourrait occuper dans la course à la présidentielle, même si pratiquement une chose est sûre : tous les candidats ne peuvent occulter le fait qu’il a apparemment toutes ses chances de parvenir au second tour. Et peut-être gagner dès le premier tour. En clair : il met déjà des candidats dans de mauvais draps.

La présidentielle n’a pas évidemment commencé et tout dépendra de nombreux facteurs. Dont le programme du candidat Zbidi, de sa campagne, des soutiens et appuis dont il bénéficiera et des circonstances. Autant dire que personne ne peut deviner ce qui pourrait advenir. On a vu sous d’autres cieux des candidats partis gagnant et qui n’ont pas en définitive réussi le pari de l’élection à laquelle ils se sont présentés.

Même si l’homme, et outre son profil, pourrait aller comme un gant à une fonction qui exige une maîtrise des questions sécuritaires, dont il aura s’il est élu, la charge de gérer. Et qui constitue, selon un récent sondage de Sigma Conseil, un point bien lumineux, de l’action gouvernementale.

Et ce dans un contexte régional en perpétuelle mutation avec ce qui se passe notamment dans la Libye voisine. Mais également dans les confins désertiques du Sahel africain qui n’est pas si loin. Et dans lequel le terrorisme semble avoir droit de cité s’étant déplacé des contrées irakiennes et syriennes.

Gageons enfin qu’une élection de Abdelkrim Zbidi à la magistrature suprême ne pourrait ne pas avoir une influence quelconque sur les législatives qui vont suivre. Dans la mesure où les électeurs comprendront qu’il faudra au nouveau président une majorité qui lui soit favorable pour mener à bon port le bateau Tunisie. Du moins qui ne serait pas capable de lui mettre les bâtons dans les roues.

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