Gilles Kepel : « Les organisations terroristes remontent aux années 70 »

Gilles Kepel L'Economiste Maghrébin

Depuis Al Qaïda jusqu’à Daech, comment historiquement ces organisations terroristes ont-elles pris racine dans le monde arabe donnant naissance au concept de l’islam politique ?

Lors de la conférence qu’il a donnée hier à l’Utica, devant un parterre de nombreux auditeurs, le célèbre politologue français Gilles Kepel a livré ses pensées sur la genèse des organisations terroristes.

Pour ceux qui ne connaissent pas Gilles Kepel, il est membre de l’Institut universitaire de France et professeur à Sciences-Po. Il a récemment publié plusieurs ouvrages « Terreur dans l’Hexagone » aux éditions Gallimard, « Genèse du djihad français » et le tout dernier « Sortir du chaos ». Il dresse un état des lieux de la construction historique des organisations terroristes, telles que el Qaïda, Daech.

Gilles Kepel : « Le contexte géopolitique est à l’origine de leur propagation » 

La première génération djihadiste remonte à 1973 avec la question palestinienne. Elles ont commencé à se multiplier à partir de 1979 pour atteindre leur apogée avec l’attaque des tours jumelles de New York en 2001.

Avec la proclamation en février 1979 de la République islamique d’Iran de Khomeini, le concept de Djihad est né et a commencé à prendre racine dans le monde arabe, exacerbé par la question palestinienne et l’arrogance d’Israël.

Evoquant l’avenir de l’islam politique en Tunisie, Gilles Kepler affirme qu’Ennahdha, qui a pris acte des transformations de la société tunisienne, a opéré une sorte d’aggiornamento, notamment avec, à l’extérieur, l’effondrement des Frères musulmans en Egypte et, à l’intérieur, les pressions du Quartet. Il a déclaré s’être longuement entretenu, en 2013, avec le président du mouvement Rached Ghannouchi qui lui avait déclaré que la situation avait bel et bien changé et de manière irréversible. 

Interrogé sur l’avenir du mouvement islamiste sur la scène politique tunisienne, M. Kepel a répondu : « Si on regarde les sondages on voit que le mouvement Ennahdha représente une partie significative des Tunisiens. » 

Autre élément essentiel : le mouvements Ennahdha a-t-il encouragé le djihadisme en Tunisie ? M. Kepler a déclaré : « Ennahdha était très proche des mouvances djihadistes dans ses rangs. Rached Ghannouchi l’avait dit publiquement que ce sont ses jeunes. Il avait sans doute sous-estimé leur capacité de nuisance. C’est pourquoi après l’attaque de l’ambassade américaine à Tunis, en septembre 2012, il a essayé de prendre ses distances d’avec le djihadisme. » 

 

1 COMMENTAIRE

  1. Rached Ghannouchi n’a pas rompu avec l’islamisme islamiste après l’attaque de l’ambassade US à Tunis. Au contraire, cette attaque, opérée par « ses enfants » au nom de la char’îa et de l’Etat islamique (que Khriji alias Ghannouchi a toujours soutenu depuis l’établissement de la char’îa au Soudan) ne pouvait être qu’un plan préétabli, basé sur l’émulation de la « révolution islamique » en Iran (se rappeler l’attaque à l’ambassade US et la prise d’otages*)…

    [*ANALYSE : Pourquoi la révolution iranienne (1979) s’est réinventée tunisienne (2011) ?]
    https://youtu.be/uepCzGL23Ew

    La preuve est qu’en février 2014, au Palais de Congrès de Tunis, devant une foule de partisans de la char’îa et adeptes Fréristes de tout bond, il a revendiqué la « lutte contre le TAGHOUT » (terme takfiriste qui indique les forces de SECURITE’ de l’Etat républicain), dont la « première étape » était en 1981 CONTRE BOURGUIBA. Ce discours VIOLENT ET ARROGANT, et à peine camouflé, se faisait au moment de l’inauguration de l’association ASSOUMOUD, nom qui se retrouve dans le MILICES DJIHADISTES liées au terrorisme en Libye, organisées par ses collabos Frèro-islamistes, vers lesquelles Ennahdha a EVIDEMMENT et selon plusieurs témoignages, envoyés plusieurs Tunisiens ébranlés par l’ARGENT QATARIEN et les promesses de « houries », alias les femmes recrutées pour le « jihad-niqah » (dont nombre des prostituées). Chose encore plus grave, Rached KHRIJI alias Ghannouchi (renom adopté après son entrée dans le KHOMEYNISME révolutionnaire en 1981) a utilisé la rhétorique incendiaire de « lutte contre le TAGHOUT’ quelques mois à l’AVANCE par rapport des irruptions sauvages et les MASSACRES de population non-musulmane opérée par « ses enfants » daéchiens en Irak et Syrie… Que donc M. KEPEL arrête de nous débiter des FABLES et des ILLUSIONS DANGEREUSES préélectorales à la faveur des Frères musulmans sanguinaires en Tunisie et leur « MOURCHID al-FAQI » Khriji ALIAS Ghannouchi.

    PS. l’aimable Rédaction de l’Economiste Maghrebin a erronément écrit « Kepler » pour KEPEL, dont dans le titre de l’article!

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