Jihad Azour : le FMI déconseille de réduire les subventions alimentaires en Tunisie

Tunisie - L'Economiste Maghrébin

Dans un article intitulé «Croissance économique et équité au Moyen-Orient et en Afrique du Nord», paru récemment dans le blog du Directeur du Département Moyen-Orient et Asie centrale du Fonds monétaire international (FMI), Jihad Azour a rappelé les objectifs des financements accordés par le FMI au pays d’Afrique du Nord, notamment à la Tunisie.

L’auteur de l’article a souligné que dans les pays où la dette publique est déjà élevée et augmente encore, comme en Égypte ou en Tunisie, le FMI a fourni des financements qui permettront un ajustement budgétaire plus progressif que ce qui aurait été possible autrement et à un taux d’intérêt plus bas.

«D’autres créanciers étrangers devraient également fournir des fonds à des conditions favorables, de préférence sous la forme de dons, afin de dégager des marges supplémentaires», a-t-il ajouté.

Jihad Azour a affirmé que le FMI s’est efforcé également d’être attentif aux circonstances sociales et politiques, comme en Tunisie, où le Fonds Monétaire international a adouci plusieurs fois l’objectif en matière de déficit budgétaire, malgré les conséquences pour la dette et l’inflation.

Et de poursuivre que le FMI veille également de plus en plus à ce que les personnes les plus vulnérables soient préservées des augmentations d’impôts et des réductions des dépenses.

En Tunisie, par exemple, l’administration a élargi le programme de transferts monétaires en faveur des personnes à faible revenu, doublant ainsi le nombre de familles bénéficiaires et triplant le montant moyen des transferts. Les dépenses sociales globales ne peuvent pas tomber en dessous d’un seuil plancher, conformément au programme soutenu par le FMI.

Jihad Azour a fait savoir que dans toute la région, le FMI prône la réduction des subventions à l’énergie, qui sont très coûteuses. Pourquoi? Parce que ces subventions profitent principalement aux classes aisées. Parallèlement— et c’est très important—, le FMI déconseille fortement de réduire les subventions alimentaires, par exemple pour l’achat de pain en Jordanie et en Tunisie.

Encore une fois, pour être efficaces, les programmes de réforme doivent être adaptés aux circonstances propres à chaque pays, et pleinement assumés par les pouvoirs publics. Le dialogue avec les principaux acteurs concernés, dont la société civile, est, selon Jihad Azour, un facteur essentiel, et c’est un élément des programmes que le FMI soutient partout dans le monde.

Les réformes prioritaires

Les réformes à mener en priorité sont les suivantes :

  • Réduire la corruption, promouvoir une concurrence loyale grâce au commerce extérieur et à une meilleure réglementation et améliorer l’accès au crédit pour permettre aux PME et aux nouvelles entreprises de se développer;
  • Investir dans les compétences nécessaires pour la nouvelle économie, en particulier chez les jeunes travailleurs, en modernisant l’enseignement et la formation et les aider à trouver un emploi;
  • Offrir des perspectives à chacun au moyen de politiques budgétaires équitables et porteuses de croissance, ainsi que d’une fiscalité juste;
  • Renforcer les droits des femmes et répondre aux besoins des réfugiés en matière d’alimentation, de logement, d’éducation et de travail.

 

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