Selon le rapport du FMI publié en avril 2026, cinq des huit économies exportatrices de pétrole directement touchées par la guerre au Moyen-Orient devraient connaître une contraction de leur PIB en 2026. Le Qatar enregistre la révision à la baisse la plus sévère, avec une chute de près de 15 points de pourcentage par rapport aux projections d’octobre 2025.
La quasi-paralysie du détroit d’Ormuz constitue le facteur déterminant de cette plongée économique. Depuis le début des hostilités le 28 février 2026, les traversées de tankers sont passées d’environ 70 navires par jour à un niveau proche de zéro, selon les données compilées par le FMI au 6 avril 2026. Le trafic aérien a subi un sort similaire : les départs ont chuté d’environ deux tiers à Dubaï, de près de trois quarts à Doha. Tandis qu’ils ont été totalement suspendus à Koweït City et à Manama.
Les frappes et les arrêts préventifs ont réduit les capacités de production et d’exportation pétrolière et gazière de plusieurs producteurs du Golfe, notamment en Irak, au Koweït et aux Émirats arabes unis. Et ce, tout en perturbant les opérations du complexe gazier de Ras Laffan au Qatar. La perte de capacité estimée dépasse 10 millions de barils par jour de pétrole et environ 500 millions de mètres cubes par jour de gaz naturel, indique le rapport.
Bahreïn, l’Iran, l’Irak, le Koweït et le Qatar sont les cinq économies projetées en contraction du PIB. Oman, dont l’accès à la mer se situe entièrement en dehors du détroit d’Ormuz, résiste mieux avec une révision à la baisse limitée à environ 0,5 point de pourcentage. Il bénéficie même d’un effet prix positif sur ses recettes pétrolières. À l’inverse, l’Iran et l’Irak voient leurs balances courante et budgétaire se dégrader sous l’effet conjugué des destructions d’infrastructures et de la fermeture du détroit, qui l’emporte sur le bénéfice de la hausse des cours.
Par ailleurs, les répercussions devraient être durables. En effet, les projections du FMI montrent que les niveaux de PIB des économies directement affectées resteraient en 2030 environ 2 % en dessous de leur trajectoire d’avant-guerre pour l’économie médiane du groupe. Le rapport rappelle en outre que les conflits longs ou graves laissent en moyenne des cicatrices économiques profondes. Avec un revenu par habitant inférieur d’environ 15 % à sa tendance d’avant-conflit, cinq ans après le début des hostilités.