Une interconnexion sous-marine pour satisfaire les besoins en électricité

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La région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) souffre du vieillissement de son infrastructure, étant donné la forte augmentation de ses besoins en électricité.

D’après les estimations de la Banque Mondiale (BM), les besoins en électricité dans la région MENA augmenteront de 84 % d’ici 2020, ce qui nécessitera 135 Gigawattheures (GWh) de capacités de production supplémentaires et 450 milliards de dollars d’investissements.

Pour répondre à cette demande croissante, la BM a préconisé de renforcer l’intégration régionale des réseaux d’électricité, ce qui assurera des approvisionnements suffisants et optimisés sur le long terme ainsi qu’une plus grande stabilité dans la région.

Ainsi, cette intégration pourrait ramener de 135 à 102 GWh les capacités de production supplémentaires nécessaires, ce qui réduirait nettement le montant des investissements à réaliser d’ici 2020.

En effet, depuis la fin des années 1990, le Maghreb est interconnecté avec l’Europe via une liaison sous-marine de 1 400 MW entre le Maroc et l’Espagne.  Le Maroc importe de l’électricité espagnole pour couvrir près d’un cinquième de sa demande intérieure.  Il  a, de ce fait, moins besoin de se doter de capacités supplémentaires pour faire face à la hausse de sa consommation d’énergie, et a bénéficié de la baisse des prix de l’électricité en Espagne.

Selon la BM, la Tunisie pourrait tirer profit de l’expérience marocaine pour  développer et élargir ses sources externes d’approvisionnement en énergie.  Pour ce faire, un projet d’interconnexion sous-marine entre la Tunisie et l’Italie, lancé depuis quelques années, a été récemment relancé offrant une capacité initiale de 600 MW.  Elle permettrait d’importer l’électricité excédentaire, soit plus de 40 000 MW, produite en Italie à partir du charbon et des énergies renouvelables, de diversifier les sources d’importation d’énergie de la Tunisie et de mettre à profit les écarts de prix.

Cette interconnexion sera également bénéfique à d’autres pays européens, comme la France qui devrait accroître ses exportations d’électricité vers le Nord de l’Italie car une plus grande partie de l’électricité produite dans le sud de ce pays sera destinée à la Tunisie. Idem pour l’Allemagne et la Suisse qui devraient en bénéficier à court terme.

A cet égard, la BM  a redoublé, depuis 2014, son assistance technique à la Tunisie, et ce, afin d’évaluer la faisabilité économique de cette interconnexion sous-marine avec l’Italie. La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) et l’entreprise italienne de transport d’électricité TERNA ont constitué, de leur côté, une coentreprise pour étudier, avec la BM, la faisabilité technique, économique et la structure de financement de ce projet.

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