La Fédération générale de l’électricité et du gaz, relevant de l’Union générale tunisienne du travail, organise, mardi 28 avril 2026, un rassemblement de protestation devant l’Assemblée des représentants du peuple. Elle appelle l’ensemble des syndicalistes et des agents de la STEG à se mobiliser pour dénoncer la discussion de projets de loi relatifs à la production d’électricité à partir des énergies renouvelables.
Dans un communiqué publié la veille, la Fédération affirme inscrire cette action dans la défense de la souveraineté énergétique nationale et dans le cadre de sa « responsabilité » vis-à-vis de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz.
La structure syndicale rappelle avoir présenté, lors d’une conférence de presse le 21 avril au siège de l’UGTT, sa vision et ses propositions concernant les concessions de production d’électricité renouvelable. Elle dénonce son exclusion des auditions parlementaires consacrées à ces projets de loi.
Au cœur des critiques : un dispositif de concessions jugé et défaillant défavorable à la STEG. La Fédération pointe des investisseurs défaillants n’honorant pas leurs engagements, transférant un lourd fardeau financier à la STEG. Elle fustige également les « concessions » accordées par l’État, notamment l’allongement de la durée des contrats de 20 à 30 ans, privant l’entreprise publique de l’exploitation des centrales durant la dernière décennie de leur cycle de vie. Soit une perte estimée à 800 millions de dinars.
Audit global des concessions accordées
Plus largement, la Fédération accuse le gouvernement de ne pas négocier de contreparties à ces avantages, comme la relance de projets renouvelables à l’arrêt. Au passage, elle appelle également à un audit global des concessions accordées depuis 2019, dénonçant leur coût élevé pour les finances publiques et leur faible taux de réalisation.
Toujours selon le syndicat, la STEG dispose des capacités d’investissement nécessaires dans les énergies renouvelables, à condition d’obtenir l’aval de l’État pour mobiliser des financements extérieurs. De ce fait, elle met en garde contre une dépendance croissante aux capitaux étrangers, qui risquerait, selon elle, d’éroder la part de la STEG dans la production électrique et de fragiliser la souveraineté énergétique du pays.