La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) place la compétitivité au cœur de sa stratégie pour la Tunisie de 2026-2031, avec un engagement à dynamiser le secteur privé face aux freins structurels.
Un rapport publié en ce sens souligne que la croissance reste freinée par une surrèglementation ainsi qu’un accès limité au financement et la domination des entreprises publiques, générant plus de la moitié du chiffre d’affaires des 100 plus grandes firmes tunisiennes.
Ainsi, la BERD prévoit un financement diversifié pour les PME dans des secteurs à fort potentiel, comme l’agroalimentaire, les TIC, l’agrotech et le tourisme durable, aligné sur la « Vision 2035 » du gouvernement, qui vise une économie numérique et inclusive.
Priorité aux réformes de gouvernance
La BERD soutiendra la restructuration des SOE (State-owned enterprises) comme la STEG (électricité et gaz) et l’Office des céréales via des prêts ciblés (ex. : 300 M€ pour STEG, 150 M€ pour les céréales) et des roadmaps de réforme pour améliorer la gestion financière et ouvrir à la participation privée. Cela libérera de l’espace fiscal et favorisera un niveau de jeu équitable.
Par ailleurs, des programmes d’assistance technique, comme le Regional Small Business Programme (RSPB), ont déjà aidé plus de 600 PME à booster leurs productivité et exportations via des formations en transformation digitale et gestion agile, rappelle le rapport. La BERD étendra ces initiatives, en collaboration avec l’Agence tunisienne d’investissement (TIA), pour digitaliser les services publics et simplifier les procédures d’investissement.
Une chose est sûre : le capital humain demeure un levier clé. Pour faire face à une augmentation du chômage des jeunes atteignant 38,5 %, la BERD financera des formations en compétences numériques et vertes, notamment pour les ingénieurs énergétiques.
De ce fait, des exemples concrets incluent des prêts à Land’Or (fromage, 11 M€) et Teriak (pharma, 3,4 M€) pour moderniser les opérations. Ces efforts s’inscrivent dans un contexte macroéconomique résilient, avec une croissance de 2,4 % au T3 2025, mais vulnérable aux chocs externes. La BERD anticipe une accélération via une intégration accrue aux chaînes de valeur mondiales (GVC), en levant les barrières logistiques et douanières.
En somme, cette priorité (46 % des investissements passés) vise à transformer la Tunisie en hub compétitif, avec un portefeuille actif de 1,3 milliard d’euros (Md€) et des partenariats IFI pour amplifier l’impact.
Toutefois, les défis persistent, à l’instar de la corruption perçue par 56 % des firmes. Mais le potentiel en ICT (information and Communications Technology) et agroalimentaire est immense pour une croissance inclusive.