Un chiffre comme point de départ. Selon les projections de l’Organisation internationale du travail, la Tunisie dispose d’un gisement potentiel de 272 000 emplois verts à horizon 2030. C’est précisément ce levier qu’un nouveau projet international, baptisé « Meraviglia », ambitionne d’activer, en commençant par le gouvernorat de Nabeul.
L’initiative a été officiellement lancée le 9 mai 2026 au Centre culturel international de Hammamet. Elle est conduite par l’Association d’éducation relative à l’environnement de Hammamet (AERE), avec le soutien financier du programme européen Interreg NEXT MED, et court sur trois ans, de 2025 à 2028.
Un consortium méditerranéen à huit voix
Le dispositif repose sur une architecture partenariale inédite : huit organisations issues de six pays riverains de la Méditerranée (Tunisie, France, Italie, Liban, Jordanie et Turquie) se sont engagées autour d’une feuille de route commune. L’enjeu : faire émerger un entrepreneuriat à coloration écologique, capable à la fois de répondre aux défis climatiques et de générer des débouchés professionnels stables.
Terrain d’expérimentation désigné, le gouvernorat de Nabeul concentrera l’essentiel des interventions. Le programme prévoit d’y recenser six défis environnementaux de premier plan, avant de les convertir en projets économiques à fort potentiel d’emploi.
L’approche de « Meraviglia » se distingue par la précision de ses publics cibles. Jeunes et femmes faiblement qualifiés constituent le cœur de la démarche, des catégories que les promoteurs du projet décrivent comme confrontées à de réels obstacles d’accès à l’emploi, en dépit de la vitalité entrepreneuriale observée localement.
Car le diagnostic est posé sans ambages : de nombreuses initiatives vertes existent déjà, mais restent confinées à une faible visibilité et butent sur un triple verrou : un manque d’accompagnement; un déficit de formation; l’accès restreint aux financements. Les contraintes réglementaires et administratives viennent alourdir ce tableau, freinant l’essor d’un secteur pourtant porteur.
Un écosystème à construire, brique par brique
Pour y répondre, le projet articule plusieurs dispositifs complémentaires. Des tiers-lieux consacrés aux compétences environnementales verront le jour dans la région. Une académie virtuelle dédiée à l’entrepreneuriat vert constituera le pilier numérique du programme. Des parcours de formation hybrides, alliant e-learning, mentorat et phases d’immersion sur le terrain, compléteront l’offre pédagogique. Enfin, des résidences d’éco-entrepreneurs favoriseront les croisements interculturels entre participants des six pays membres du consortium.
À travers « Meraviglia », ses porteurs affichent une ambition qui dépasse le cadre projet : contribuer à structurer durablement un écosystème de l’économie verte en Tunisie, plus inclusif et mieux armé face aux exigences conjuguées de la transition écologique et de l’emploi durable.