En marge de sa participation à la 73e session du Conseil du commerce et du développement de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), la Mission permanente de la Tunisie auprès de l’Office des Nations unies à Genève a réaffirmé la position constante de Tunis en faveur de la restitution des fonds détournés et transférés à l’étranger. Elle a également appelé à une réforme du système financier international afin de répondre à la crise de la dette qui pèse lourdement sur les économies de nombreux pays en développement.
Lors des travaux de la CNUCED et des instances internationales consacrées au développement, la mission tunisienne a insisté sur la nécessité d’une coopération effective entre l’ensemble des États concernés, fondée sur une véritable volonté politique. L’objectif est de faciliter la récupération, par les pays en développement, des fonds détournés et transférés à l’étranger, afin de les réorienter vers des projets de développement au bénéfice des populations et de contribuer à la lutte contre la pauvreté, sans accroître le recours à l’endettement.
Le chargé d’affaires par intérim de la Mission permanente de la Tunisie auprès de l’Office des Nations unies à Genève et des autres organisations internationales en Suisse, Ramzi Louati, a souligné que cette question demeure au cœur des préoccupations tunisiennes.
Tunis dénonce les obstacles à la restitution des fonds
Selon Ramzi Louati, la Tunisie appelle également les pays où sont détenus ces fonds à ne plus invoquer des obstacles procéduraux, judiciaires ou juridiques pour empêcher les pays en développement, dont la Tunisie, de récupérer leurs avoirs détournés.
Pour Tunis, la persistance de ces obstacles constitue un frein à l’exercice d’un droit souverain légitime des États concernés. La mission tunisienne plaide ainsi pour une coopération renforcée des pays concernés afin de faciliter les procédures de restitution et de permettre aux États concernés de mobiliser ces ressources au service de leur développement.
Pour un système financier international plus équitable
Au-delà de la question des fonds détournés, la Tunisie a appelé à une réforme du système financier international afin de le rendre plus juste et plus équitable. Cette réforme doit notamment permettre de répondre aux difficultés liées à l’endettement, qui pèsent lourdement sur les économies de nombreux pays en développement.
Dans ce cadre, Tunis a réaffirmé son soutien à l’adoption d’un instrument international juridiquement contraignant consacré au droit au développement. La Tunisie appelle également au renforcement de la coopération et de la solidarité internationales, à l’augmentation des financements consacrés à l’aide au développement ainsi qu’à la facilitation du transfert de technologies vers les pays en développement.
À travers ces positions, la Tunisie défend une approche articulant restitution des avoirs détournés, réduction de la pression de la dette et renforcement des moyens de développement, dans le cadre d’une réforme plus large de l’architecture financière internationale.