Le président de la République, Kaïs Saïed, a reçu, mardi 15 septembre, au palais de Carthage, la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri, et le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh.
Selon un communiqué de la présidence de la République, la réunion a porté sur l’élaboration du projet de loi de finances pour l’année 2027. Dans ce contexte, le chef de l’État a exigé que les choix budgétaires s’inscrivent dans le plan quinquennal approuvé, afin de garantir l’équilibre régional, l’emploi et la dignité des citoyens, dans le respect des orientations nationales souveraines.
Il a, à ce propos, insisté sur la réduction de la pression fiscale et la simplification de la création d’entreprises, de sociétés communautaires ou d’initiatives privées, dénonçant les obstacles bureaucratiques et les pratiques dilatoires qui bloquent les porteurs de projets.
Une position qui fait écho aux déclarations de Maher Ketari
Cette volonté affichée de réduire la pression fiscale intervient alors que, quelques jours plus tôt, le président de la Commission des finances et du budget de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Maher Ketari, avait lui aussi exprimé son opposition à l’introduction de nouvelles charges fiscales dans le cadre de la Loi de finances 2027.

Le président de la Commission des finances a par ailleurs indiqué que les contributions exceptionnelles prévues par la Loi de finances 2026, arrivées à échéance, ne devraient pas être reconduites.
Autrement dit, les déclarations du président de la République et du président de la Commission des finances de l’ARP se rejoignent, sur le volet de la pression fiscale du PLF 2027 : ne pas faire de l’augmentation des prélèvements la principale réponse aux difficultés budgétaires et économiques.
Maher Ketari plaide aussi pour une approche davantage axée sur la relance de l’activité et sur des « contrats-programmes » associant l’exécutif, le Parlement, les professionnels et les représentants des travailleurs. L’objectif avancé est de permettre à certains secteurs d’accélérer leur croissance et, à terme, d’élargir les recettes de l’État grâce au développement de l’activité économique.
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« Un responsable assume ou s’en va »
Évoquant la responsabilité des hauts fonctionnaires, le chef de l’État s’est exprimé en des termes clairs : « Un responsable assume ou s’en va », soulignant que « les nations se bâtissent avec l’âme d’un combattant, pas avec les mains tremblantes ou l’attentisme ».
En outre, le président Saïed a également ciblé la corruption et ceux qui s’acharnent à déstabiliser les services publics, fustigeant les relais de l’ancien système qui se posent en victimes et affichent encore une nostalgie à faire remonter le temps en arrière.
Revenant sur les épisodes à répétition des incendies et des coupures d’électricité et d’eau survenus cet été malgré les incessantes tentatives de les maîtriser, le chef de l’État a estimé que cette récurrence « n’est pas fortuite » et que ces incidents sont des agissements « criminels ». Et d’ajouter : « Ils veulent semer le désespoir parmi les rangs des citoyens. Malheur à ceux qui ont comploté et à leurs serviteurs ».