Les prix du pétrole sont repartis à la hausse vendredi 8 mai après la reprise des hostilités entre les États-Unis et l’Iran. Ravivant ainsi les craintes d’une perturbation durable du trafic énergétique dans le détroit d’Ormuz, principal corridor maritime pour les exportations mondiales d’hydrocarbures.
En début de séance asiatique ce vendredi, le brut américain WTI a progressé de plus de 3 % à 95,66 dollars. Tandis que le Brent de la mer du Nord gagnait 1,2 % à 101,26 dollars le baril. Cette remontée des prix intervient après plusieurs jours de baisse due à la négociation d’un accord entre Washington et Téhéran susceptible de stabiliser la région et de rouvrir progressivement le détroit d’Ormuz. Mais la situation s’est brutalement tendue après que l’Iran a accusé les États-Unis d’avoir violé le cessez-le-feu en frappant un pétrolier iranien ainsi que plusieurs zones civiles proches du détroit d’Ormuz.
Donald Trump a toutefois insisté sur le fait que le cessez-le-feu restait « en vigueur »; et ce, malgré les incidents militaires survenus ces derniers jours. Cette ambiguïté entretient une forte volatilité sur les marchés énergétiques, où chaque déclaration politique provoque désormais des mouvements brusques des prix.
Les analystes estiment que les investisseurs restent extrêmement sensibles à toute menace pesant sur le détroit d’Ormuz, par lequel transitait avant la guerre près de 20 % des approvisionnements mondiaux en pétrole. Même en cas d’accord diplomatique, plusieurs experts préviennent qu’un retour complet à la normale des flux maritimes pourrait nécessiter plusieurs semaines.
Dans ce contexte, les autorités américaines surveillent également des mouvements suspects sur les marchés pétroliers. Selon Reuters, des opérations spéculatives totalisant jusqu’à 7 milliards de dollars auraient été réalisées juste avant plusieurs annonces majeures liées au conflit irano-américain, suscitant des investigations des régulateurs financiers américains.