Selon Axios, la Maison Blanche serait sur le point de conclure un accord visant à mettre fin à la guerre avec l’Iran. Et ce, suite à la décision du président américain Donald Trump de suspendre l’opération navale lancée trois jours plus tôt pour rouvrir le détroit d’Ormuz.
Enfin une lumière au bout du tunnel ? Sept semaines après l’offensive menée contre la République islamique d’Iran par la coalition américano-israélienne – une crise qui aura provoqué le blocage du détroit d’Ormuz et secoué en profondeur l’économie mondiale -, Washington et Téhéran seraient désormais proches d’un accord sur la base d’un mémorandum d’entente d’une page articulée sur 14 points.
Un spectaculaire revirement diplomatique, alors même que les deux belligérants semblaient enfermés dans une logique d’affrontement total. Par quel miracle le ciel s’est-il éclairci alors que les plus pessimistes pronostiquaient la continuité d’une guerre longue qui ajoutera du chaos au chaos ?
Revirement
Une chose est sûre : le président américain Donald Trump, qui, de toute évidence navigue à vue sans aucune stratégie cohérente pour cette guerre asymétrique, en a assez de ce conflit qu’il pensait gagner en un temps et deux mouvements. Il cherche désormais à n’importe quel prix le moyen de sortir de ce bourbier ruineux, incertain et sans issue. Il en va de sa survie politique à six mois des midterms; alors que sa côte de popularité est au plus bas.
Et c’est dans cette perspective qu’il faut interpréter l’annonce surprise du milliardaire président républicain. En effet, dans un énième revirement spectaculaire, il décrète, mercredi 6 mai 2026, la suspension de l’opération « Projet Liberté » (Project Freedom), qui consistait à escorter militairement les navires marchands dans le détroit d’Ormuz. Cette décision intervient à peine un jour après le lancement de cette mission de sécurisation, le temps de voir si « un accord peut être finalisé et signé » avec l’Iran. Après ce qu’il a qualifié de « grands progrès » dans les négociations.
« Compte tenu de l’énorme succès militaire et des grands progrès accomplis en vue d’un accord complet et définitif avec les dirigeants iraniens, le “Projet Liberté“ sera suspendu pendant une courte période afin de voir si l’accord peut être finalisé et signé », a-t-il écrit sur son réseau Truth Social. Tout en précisant que cette pause avait été décidée à « la demande du Pakistan et d’autres pays »; mais que le blocus américain des ports iraniens, entré en vigueur le 13 avril, sera maintenu.
Un accord équilibré
Mais quid de ce mémorandum surgi à la dernière minute ? Selon le scoop publié mercredi 6 mai par le célèbre site américain Axios, « les États-Unis et l’Iran seraient sur le point de conclure un mémorandum d’une page pour mettre fin à la guerre. Rien n’a encore été convenu, mais les parties n’avaient jamais été aussi proches d’un accord depuis le début de la guerre ».
« Entre autres dispositions, poursuit le média américain, l’accord prévoit que l’Iran s’engage à instaurer un moratoire sur l’enrichissement d’uranium. En contrepartie, les États-Unis acceptent de lever leurs sanctions et de débloquer des milliards de dollars de fonds iraniens gelés. Enfin, les deux parties lèvent les restrictions relatives au transit dans le détroit d’Ormuz ».
Cela étant, les États-Unis souhaitent, selon la même source, inclure une clause prévoyant que toute violation par l’Iran des règles d’enrichissement prolongerait le moratoire : l’Iran serait alors autorisé à enrichir l’uranium jusqu’au faible niveau de 3,67 % après l’expiration de celui-ci.
De plus, Téhéran s’engagerait, dans le cadre du protocole d’accord, à ne jamais chercher à se doter de l’arme nucléaire ni à mener d’activités liées à son armement. Selon un responsable américain, les parties discutent d’une clause par laquelle l’Iran s’engagerait à ne pas exploiter d’installations nucléaires souterraines.
Enfin, l’Iran s’engagerait également à mettre en place un régime d’inspections renforcé, comprenant des inspections inopinées menées par des inspecteurs de l’ONU.
La voie diplomatique privilégiée ?
Peut-on évoquer une forme d’ouverture diplomatique vis-à-vis des dirigeants de la République islamique, qui avaient réagi à l’initiative du président américain en menaçant de frapper tout navire essayant de se frayer un passage dans ce détroit maritime stratégique ?
La marine du corps des Gardiens de la révolution islamique a déclaré pour sa part qu’« une fois les menaces émanant de l’agresseur neutralisées et les nouveaux protocoles mis en place, la sécurité et la stabilité du passage dans le détroit d’Ormuz seront garanties ». Une réponse que l’on peut apparenter à une discrète forme d’ouverture de la part du régime des mollahs. Laissant ainsi présager que l’impasse diplomatique avec Washington pourrait peut-être être dépassée.
Pour sa part, le golfeur de Mar-a-Lago a réagi aux révélations d’Axios à sa manière : « En supposant que l’Iran accepte de respecter ce qui a été convenu – ce qui est peut-être une hypothèse bien audacieuse –, la désormais légendaire opération « Epic Fury » prendra fin, et le blocus, d’une efficacité redoutable, permettra au détroit d’Ormuz d’être OUVERT À TOUS, y compris à l’Iran. S’ils refusent, les bombardements reprendront, et ils seront malheureusement d’une ampleur et d’une intensité bien supérieures à ce qu’ils étaient auparavant ».
Mais il faut savoir raison garder. In fine, ce document est destiné à servir de cadre pour des négociations plus approfondies, et les clauses du mémorandum sont conditionnées à un accord final. Ce qui laisse la porte ouverte à une reprise des hostilités à cause d’une simple étincelle.
Entre-temps, les pourparlers se poursuivent entre les envoyés de Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, des amateurs. En face, les redoutables négociateurs iraniens, des vrais professionnels. Et dans cette partie d’échecs, les médiateurs pakistanais font la navette entre les deux délégations qui refusent de se faire face. Pour combien de temps ?