Les tensions mondiales sur le marché du gaz, exacerbées par des perturbations qataries dues à des frappes iraniennes, poussent l’Italie à sécuriser ses approvisionnements via des partenariats méditerranéens. C’est ce qu’a révélé l’agence Ecofin. En date du 7 mai à Rome, la première ministre italienne Giorgia Meloni et son homologue libyen Abdelhamid Dbeibah ont réaffirmé leur volonté d’accélérer les projets gaziers communs, en misant sur le gazoduc GreenStream reliant la Libye à la Sicile.
La question est de savoir si la Libye compte se repositionner dans l’échiquier mondial. Ou encore s’agit-il d’un rôle stratégique de la Libye? Ce qu’on sait c’est qu’il s’agit du premier fournisseur pétrolier italien (20 % des importations).
Pourtant, la Libye voit ses exportations de gaz chuter (de 1,4 Md m³ en 2024 à 1 Md m³ en 2025), en raison de la consommation domestique croissante, d’infrastructures vieillissantes, d’interruptions et d’instabilité politique.
Dans ce contexte, Rome et Tripoli visent à relancer la production via des investissements de 10 Md USD, pilotés par Eni (présent depuis 1959, production de 162 000 bep/j en 2025).
Ainsi, trois projets phares démarrent : Sabratha (compression offshore), Bourri Gas Utilization (récupération de gaz associé) et A&E (plus grand investissement en Libye depuis 20 ans), avec deux en production dès 2026.
Stratégie italienne élargie
Rome priorise la Méditerranée pour diversifier ses sources, réduisant la dépendance au GNL maritime. Parallèlement à la Libye, l’Italie renforce ses liens avec l’Algérie (via Transmed), les États-Unis et l’Azerbaïdjan. Pour Tripoli, ces partenariats offrent une chance de stabiliser et moderniser son secteur, sous réserve d’améliorations internes et régionales.
Mais la grande question est de savoir où se positionne la Tunisie. Dans le dossier Italie-Libye, son axe naturel serait donc celui de la Méditerranée énergétique, en misant sur trois leviers : le transit gazier, l’interconnexion électrique ELMED avec l’Italie, et sa participation à de nouveaux corridors comme SoutH2 pour l’hydrogène bas carbone. Cela permet à la Tunisie de se présenter comme un hub de connectivité entre l’Afrique du Nord et l’Europe