La guerre au Moyen-Orient commence à produire un effet inattendu sur les marchés mondiaux : une forte hausse de la demande pour les métaux industriels chinois; en particulier l’aluminium, le cuivre et les matériaux liés aux technologies vertes. C’est ce que rapporte l’agence Bloomberg, mercredi 6 mai.
Les perturbations des chaînes d’approvisionnement dans le Golfe poussent de nombreux industriels à se tourner vers la Chine. Et ce, afin de sécuriser leurs besoins en matières premières.
Selon plusieurs analystes du secteur, les tensions régionales et les risques pesant sur le détroit d’Ormuz ont réduit les capacités d’exportation de plusieurs producteurs du Golfe, notamment dans l’aluminium. Or, les pays du Golfe représentent près de 10 % de la production mondiale du métal. De même qu’ils jouent un rôle central dans les chaînes industrielles internationales.
Cette situation profite directement aux exportateurs chinois. Pékin augmente progressivement ses ventes d’aluminium transformé, de composants industriels et de matériaux destinés aux secteurs des batteries, des énergies renouvelables et des infrastructures électriques. Bloomberg souligne que les exportations chinoises de métaux connaissent actuellement un net rebond grâce à la contraction de l’offre moyen-orientale et à la flambée des prix énergétiques mondiaux.
La hausse des prix du pétrole et du gaz accélère également les investissements internationaux dans les technologies propres. Plusieurs gouvernements et entreprises cherchent à réduire leur dépendance aux hydrocarbures importés. Ce qui renforce mécaniquement la demande en cuivre, aluminium, lithium et autres métaux indispensables aux réseaux électriques, aux véhicules électriques et au stockage d’énergie.
Chine, acteur majeur capable d’augmenter son offre industrielle
Les marchés des matières premières réagissent déjà fortement. Depuis le début des tensions, les prix de l’aluminium, du charbon, de l’argent et de plusieurs métaux industriels ont progressé sous l’effet des craintes de pénuries et de ruptures logistiques.
Dans ce contexte, la Chine apparaît comme l’un des rares acteurs capables d’augmenter rapidement son offre industrielle. Son immense capacité de production, combinée à une chaîne manufacturière intégrée, lui permet de répondre à une partie du déficit mondial provoqué par les perturbations régionales. Certains analystes estiment même que la crise actuelle pourrait renforcer encore davantage la position stratégique de Pékin dans les chaînes mondiales des métaux critiques et de la transition énergétique.
Mais cette dynamique comporte aussi des risques. Les perturbations au Moyen-Orient continuent d’alimenter l’inflation mondiale, de fragiliser les chaînes logistiques et d’accroître la volatilité des marchés des matières premières. La Banque centrale européenne estime déjà que la guerre pourrait réduire la croissance mondiale de 0,4 point au cours des deux prochaines années.