Au-delà du bilan des pertes causées par les coupures d’électricité de l’été 2026, la question centrale reste la suivante : comment garantir un approvisionnement électrique fiable et continu aux exploitations agricoles, aux forages et aux stations d’irrigation, alors que les épisodes de délestages et les vagues de chaleur risquent de se reproduire ?
La réponse ne peut pas se limiter à la réparation des dégâts après coup. Elle suppose une stratégie globale, associant solutions de secours, investissements dans les énergies renouvelables et coordination entre les différents acteurs de la chaîne agricole.
C’est dans ce cadre qu’une rencontre de type « cercle de réflexion » organisé par l’IACE a été consacrée au secteur agricole, avec une attention particulière portée à l’huile d’olive et aux céréales. Elle a réuni des producteurs, des exportateurs, des financiers, des banquiers et des transporteurs, autour des perspectives 2026-2030.
Les institutions citées comprennent le ministère de l’Agriculture, l’Office des céréales et l’Office de l’huile, ainsi que celles dédiées à l’investissement extérieur.
Une chose est sûre: la nécessité dépasse le simple débat d’idées. Intervenant lors de la rencontre, Ibrahim Medini, Ingénieur général agronome et expert en diplomatie économique a rappelé l’utilité de ces espaces d’échange : « Ce cercle de réflexion doit permettre de brasser des idées et d’apprendre à travailler ensemble, ce qui est le plus important entre producteurs, exportateurs, financiers, banquiers, jusqu’aux transporteurs ».
Une filière oléicole à préserver
Un ancien responsable du secteur oléicole a retracé l’évolution de la filière de l’huile d’olive, soulignant que le travail technique et structurel avait démarré il y a une cinquantaine d’années au sein de l’Office national de l’huile. À cette époque, la production moyenne tournait autour de 100 000 tonnes seulement.
Il a également évoqué la privatisation du secteur et sa participation à la nouvelle structuration de la filière. « Vu de loin, ce secteur est un point lumineux, alors que d’autres secteurs traversent une période plus sombre. J’espère que nous continuerons ainsi, de mieux en mieux », a-t-il déclaré.
L’impact des coupures sur l’irrigation
Les échanges ont notamment mis en lumière l’impact indirect des coupures d’électricité sur l’agronomie et les infrastructures agricoles en Tunisie. Les interruptions ont affecté les pompes des forages et des bassins, ainsi que les stations d’épuration, perturbant la campagne d’irrigation et l’alimentation en eau des parcelles productives.
Interrogé sur les solutions d’anticipation, Mnawer Sghaier a proposé la mise en place de solutions de secours : groupes électrogènes, panneaux photovoltaïques et, dans certaines zones d’altitude, énergie éolienne. « Ce ne sont pas les solutions qui manquent. Il faut bien les étudier pour instaurer une stratégie qui nous mette à l’abri des mauvaises conséquences sur l’irrigation, et qui permette de donner à l’arbre ce dont il a besoin au moment opportun »
a-t-il expliqué.
Concernant l’impact direct de l’été, il a confirmé que les pertes étaient » loin d’être négligeables », sans pouvoir communiquer de chiffre précis lors de la rencontre.