Le trafic des pétroliers dans le canal de Suez connaît une nette progression, porté par la réorganisation des routes d’exportation de pétrole et le retour progressif de certains armateurs sur cette voie maritime stratégique. Cette évolution contribue à la reprise de l’activité du canal, dont les recettes ont été fortement affectées par les détournements de navires liés aux attaques en mer Rouge.
Selon des données de Lloyd’s List Intelligence rapportées par la presse égyptienne ce mercredi, le tonnage des pétroliers transportant du pétrole brut ayant franchi le canal a atteint 40,5 millions de tonnes de port en lourd en septembre, en hausse de 2 % sur un mois et de 36 % sur un an.
Cette progression s’explique notamment par l’évolution des itinéraires d’exportation saoudiens. Une part croissante des cargaisons expédiées depuis Yanbu, sur la mer Rouge, transite vers le nord par le canal de Suez. Les livraisons de pétrole russe vers l’Inde ont également contribué à soutenir le trafic : au moins 50 pétroliers transportant du brut russe ont emprunté le canal entre le 10 et le 30 septembre.
Plus largement, le canal a enregistré en septembre son plus important tonnage mensuel de navires depuis décembre 2023. Les bâtiments recensés ont représenté 106,3 millions de tonnes de port en lourd, contre 102,9 millions en août. Le nombre de transits a toutefois légèrement diminué, passant de 1 234 à 1 228, ce qui indique que la progression du tonnage tient surtout à la taille des navires.
Les signes de reprise restent néanmoins contrastés. Le trafic des porte-conteneurs demeure très inférieur à son niveau d’avant la crise en mer Rouge, malgré le retour progressif de certains services maritimes. Les attaques contre les navires commerciaux, qui ont conduit de nombreux armateurs à contourner l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance, continuent de peser sur les flux.
Pour l’Égypte, le redressement du trafic représente un enjeu économique majeur. Les recettes du canal ont progressé de 23 % au cours de l’exercice 2025-2026, à 4,67 milliards de dollars, selon les données officielles rapportées par la presse égyptienne. Leur évolution dépendra toutefois de la poursuite du retour des compagnies maritimes et de la stabilité des conditions de navigation dans la région.