Les sorties de capitaux étrangers à court terme se sont accélérées sur le marché égyptien de la dette publique, atteignant 1,13 milliard de dollars en trois séances. Selon les données de la Bourse égyptienne, les investisseurs arabes et étrangers ont enregistré mercredi 21 octobre des ventes nettes de 376,4 millions de dollars sur le marché secondaire des titres de dette publique.
Ce mouvement prolonge les sorties observées en début de semaine : les ventes nettes avaient atteint 245 millions de dollars mardi et 505 millions lundi. Ces retraits interviennent après deux semaines de flux positifs, durant lesquelles les investisseurs arabes et étrangers avaient réalisé des achats nets de 328,5 millions de dollars, puis de 1,2 milliard de dollars la semaine précédente.
Les mouvements de septembre avaient déjà révélé des stratégies divergentes entre investisseurs arabes et étrangers. Sur l’ensemble du mois, les achats nets des investisseurs arabes avaient atteint 1,528 milliard de dollars, tandis que les investisseurs étrangers avaient enregistré des ventes nettes de 826,5 millions de dollars. Au total, les deux catégories d’investisseurs avaient affiché des achats nets de 702 millions de dollars.
La reprise des sorties en octobre souligne la volatilité de ces capitaux, souvent désignés comme des « fonds chauds » en raison de leur mobilité et de leur sensibilité aux variations des rendements et des risques financiers.
Le dollar sous pression
Ces retraits interviennent dans un contexte de tensions sur le marché des changes égyptien. La hausse des cours du pétrole, les incertitudes géopolitiques au Moyen-Orient et l’évolution des anticipations concernant les taux d’intérêt américains renforcent l’attrait du dollar et peuvent inciter les investisseurs à réduire leur exposition aux marchés émergents.
La pression sur la livre égyptienne est également alimentée par les besoins en devises liés aux importations et au service de la dette extérieure. La baisse des investissements étrangers dans les titres publics peut accroître la demande de dollars lorsque les investisseurs convertissent en devises le produit de leurs ventes.
Toutefois, les sorties enregistrées sur le marché secondaire de la dette ne signifient pas, à elles seules, que l’ensemble de ces montants a quitté immédiatement le pays. Leur effet sur les réserves et le taux de change dépend notamment des opérations de conversion, des autres flux de devises et des interventions des banques.
La poursuite de ces mouvements sera donc un indicateur important pour évaluer la résistance du marché égyptien aux chocs extérieurs, après le retour temporaire des capitaux observé au cours des deux premières semaines d’octobre.