À quelques mois de la fin de son mandat, António Guterres a présidé, mercredi 23 septembre à New York, son dernier sommet de haut niveau consacré au climat. Il appelle les gouvernements à accélérer la transition énergétique, à renforcer son financement et à mieux protéger les pays les plus vulnérables face à l’intensification des événements climatiques extrêmes.
António Guterres a organisé son dernier sommet de haut niveau sur le climat avant de quitter ses fonctions à la fin de l’année. Réunis au siège des Nations unies à New York, les dirigeants de grandes économies, de pays développés et en développement ainsi que de grands producteurs et consommateurs d’énergie doivent examiner les moyens d’accélérer la transition énergétique et de renforcer la coopération internationale.
Lire aussi: 81e AG de l’ONU, les conflits et les fractures internationales s’imposent à l’agenda
Le sommet intervient dix ans après l’entrée en vigueur de l’Accord de Paris, dans un contexte marqué par la multiplication des épisodes climatiques extrêmes et par la persistance des divergences sur le rythme de réduction de l’utilisation des combustibles fossiles. L’ONU estime que le dépassement temporaire du seuil de 1,5 °C devient désormais inévitable, ce qui impose, selon elle, d’accélérer les mesures de réduction des émissions et d’adaptation.
Accélérer la sortie des énergies fossiles
Dans un discours prononcé mardi à l’ouverture de la 81e Assemblée générale, Guterres a durci son message à l’égard de l’industrie pétrolière. Il a accusé les grands groupes du secteur d’avoir longtemps profité des conséquences du réchauffement climatique et appelé à davantage de responsabilité de la part des principaux émetteurs.
Mercredi, le secrétaire général doit notamment défendre l’accélération de la transition vers une économie moins dépendante des combustibles fossiles. L’ONU indique que les discussions porteront sur la transition énergétique, la sécurité énergétique, la justice climatique et la protection des populations exposées aux conséquences du dérèglement climatique.
Le message intervient alors que les économies restent confrontées à un dilemme : réduire rapidement leur dépendance au pétrole, au gaz et au charbon tout en garantissant la sécurité de leurs approvisionnements et en maîtrisant le coût de la transition.
Le financement au cœur des discussions
Le financement climatique constitue l’un des principaux enjeux du sommet. Les pays en développement réclament depuis plusieurs années davantage de ressources pour réduire leurs émissions et s’adapter aux conséquences du changement climatique.
Guterres a rappelé mardi que les bénéfices réalisés par l’industrie pétrolière depuis 2022 se chiffraient en centaines de milliards de dollars, alors que les financements annoncés pour aider les pays en développement à s’adapter restent nettement plus limités.
La question des pertes et dommages devrait également être abordée. Les catastrophes récentes, notamment les inondations meurtrières au Népal, illustrent la vulnérabilité de certains pays qui disposent de moyens financiers limités pour faire face aux conséquences du réchauffement.
Le Fonds pour répondre aux pertes et dommages, créé sous l’égide de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, reste confronté à d’importants besoins de financement.
La Turquie et l’Australie préparent la COP31
Le sommet de New York intervient également à quelques semaines de la COP31, prévue du 9 au 20 novembre à Antalya, en Turquie. Ankara et Canberra sont les deux pays coorganisateurs de cette prochaine conférence climatique. La Turquie accueillera les négociations tandis que l’Australie doit jouer un rôle central dans leur conduite, dans le cadre d’un compromis diplomatique inédit.
Les positions des deux pays illustrent aussi les difficultés de la transition énergétique. La Turquie souhaite notamment porter à 35 % d’ici 2035 la part de l’électricité dans la consommation énergétique totale. L’Australie met de son côté en avant le développement des énergies renouvelables, tout en continuant à sécuriser son approvisionnement en hydrocarbures.
Un dernier plaidoyer pour Guterres
Le sommet climatique constitue l’une des dernières grandes initiatives internationales d’António Guterres avant la fin de son mandat, le 31 décembre 2026. Après près de dix ans à la tête des Nations unies, le secrétaire général portugais a placé la lutte contre le changement climatique parmi les priorités constantes de son action.
Dans son dernier discours devant l’Assemblée générale, Guterres a également identifié le climat parmi les quatre grands défis auxquels le système international doit répondre, avec les conflits, les inégalités et l’intelligence artificielle.
Son dernier sommet climatique cherche ainsi à maintenir la question climatique au centre de l’agenda international, alors que les guerres, les tensions énergétiques et les préoccupations économiques occupent une place croissante dans les priorités des gouvernements.