L’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) envisage un programme de mobilisations graduelles pouvant conduire à une grève générale, face au blocage du dialogue social et aux tensions avec le pouvoir politique. L’annonce a été faite par le secrétaire général de la centrale syndicale, Slaheddine Salmi, lors d’un séminaire régional qui se déroulait à Ben Arous pour le Grand Tunis, Bizerte et Nabeul.
S’exprimant devant les représentants syndicaux en ouverture des travaux , Slaheddine Salmi a indiqué que toutes les options d’action restaient ouvertes. Le communiqué de la Commission administrative nationale est actuellement soumis aux structures régionales pour débat afin de concevoir un calendrier de lutte progressif. Cette rencontre s’inscrit dans un cycle de cinq séminaires interrégionaux destinés à renforcer la cohésion interne et à définir la stratégie de l’organisation après son congrès national de Monastir.
A cet égard, le dirigeant syndical estime que la centrale traverse une étape délicate où la contestation dépasse les seules revendications socioprofessionnelles pour porter sur la défense du droit syndical et de la liberté d’action.
L’UGTT dénonce un gel des négociations sociales de la part des autorités. M. Salmi s’est notamment appuyé sur l’exemple du secteur bancaire, où une grève de trois jours a été observée après l’intervention du pouvoir politique pour bloquer une majoration salariale pourtant acceptée par le patronat. De même, dans le secteur minier, le processus de négociation s’est trouvé interrompu après une première réunion de travail, entraînant le déclenchement d’un arrêt de travail.
Le secrétaire général a également vivement critiqué l’action gouvernementale sur le plan économique et social, affirmant que le concept d’« État social » ne doit pas se limiter à des slogans; alors que les services publics enregistrent un recul notable. Il a également mis en garde contre une éventuelle suppression des retenues à la source des cotisations syndicales, qu’il qualifierait d’atteinte directe à la représentativité de l’organisation.
Dans le cadre de son plan d’action, la centrale syndicale prépare une marche nationale présentée comme une étape préparatoire et un test pour le mouvement civil.
L’UGTT mène par ailleurs des consultations, notamment avec l’Union Tunisienne de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat (UTICA), selon son organe médiatique Echâab News.
Slaheddine Salmi a apporté plusieurs précisions sur cette initiative. La démarche ne vise pas à former un front politique, mais une alliance axée sur la défense des droits, des libertés publiques et de la presse, ainsi que des conditions socio-économiques. Aucun parti politique ne sera invité à rejoindre la coordination, afin d’en préserver l’orientation strictement syndicale et citoyenne.
Enfin, l’organisation réaffirme sa neutralité quant à l’identité des dirigeants politiques, rappelant qu’elle ne s’intéresse pas à qui gouverne, mais à la manière de gouverner.
En parallèle, le responsable syndical a reconnu la nécessité de corriger certains dysfonctionnements internes à l’UGTT et d’engager des réformes organisationnelles pour consolider sa crédibilité et sa représentativité.